Lieu : Maison de la Philosophie

Pas de cours à l’unité.

Tarif : cotisation annuelle, réglement lors du début des cours. 

Condition d’accès : certification Troisième Cycle

Formulaire d’inscription


Inscription préalable

Les conférences sont bimensuelles, d’octobre à juin, le deuxième et quatrième mardi du mois, de 18H à 20H. Ce cycle est réservé aux personnes ayant achevé le Troisième Cycle. L’inscription peut se faire dès la fin des cours du Troisième cycle, en remettant le bulletin d’inscription ci-joint.

 

Conditions de participation

Les conditions de fonctionnement du Quatrième Cycle sont identiques à celles des autres cycles internes (cotisation et bénévolat).

Quatrième cycle

CONNAISSANCE ET ANTI-CONNAISSANCE

Grand cycle thématique annuel

Les deuxième et quatrième mardis du mois de 18h à 20h

Le Quatrième cycle est constitué par un cycle annuel de conférences, consacré à chaque année à un grand thème philosophique différent.

 

13 octobre | L’anti-connaissance – les voies de l’anti-connaissance

L’ignorance est souvent opposée à la connaissance, elle est même souvent présentée comme l’inverse de la connaissance. Mais cette représentation est fausse. L’inverse de la connaissance n’est pas l’ignorance mais l’anti-connaissance. Ce terme regroupe les attitudes et comportements humains qui vont s’opposer à la connaissance : opinion, prêt-à-penser, rumeur, fake-news, propagande, croyance, superstition, agnotologie, obscurantisme… A la croisée des chemins de l’existence, nous avons le choix entre les voies de la connaissance et les voies de l’anti-connaissance.

27 octobre | Croyance, superstition, obscurantisme

définitions, différences et relations

Dans les débats autour de la connaissance, de la pensée critique et des registres de l’irrationalité, on emploie régulièrement les termes de «croyance», de «superstition» et d’«obscurantisme». Mais souvent ces notions sont employées de manière indistincte et confondues, alors qu’elles désignent des choses nettement différenciées. Quelles sont les différences entre croyance, superstition et obscurantisme ? Quelles différences avec la simple notion d’erreur ? Quelles relations entre ces trois notions ? Sont-elles autonomes ou bien sont-elles graduelles ? Mieux les comprendre est indispensable pour mieux les éviter.

10 novembre | L’obscurantisme, les idéologies de l’ignorance

En ce début du 21ème siècle, force est de constater que le progrès prodigieux des connaissances scientifiques n’a pas fait reculer les croyances irrationnelles et les superstitions. Les sectes fleurissent. Le fanatisme religieux augmente. Mages, voyants, astrologues et marabouts en tout genre ne se sont jamais aussi bien portés. Les rayons “New Age” ou “Ésotérisme” des librairies explosent. Alors, faut-il laisser faire ces idéologies de l’ignorance ou bien les dénoncer et les combattre ? Cette situation oblige à repenser l’obscurantisme, à revenir à sa définition précise et à lui redonner tout son sens afin de le combattre plus efficacement.

24 novembre | Le mythe de l’intuition dans les voies de la connaissance

Certains courants philosophiques prétendent que l’intuition mène à la connaissance. Mais depuis la révolution freudienne peut-on encore accorder un tel statut à l’intuition ? Que désigne d’ailleurs cette notion d’intuition ? Quelle est la place de l’intuition dans les voies de la connaissance ? Peut-il y avoir connaissance autrement que par les voies de la raison ? La connaissance est-elle accessible par l’intuition ? Et si l’intuition n’était qu’un mythe, une illusion due à notre subjectivité ?

8 décembre | Opinion et opinionisme

Les êtres humains pensent, constamment et à peu près sur tout, le plus souvent de manière spontanée, intuitive et sans réflexion sur leurs propres pensées. C’est le domaine de l’opinion, de la doxa.

12 janvier | Manichéisme, réductionnisme et simplification - pièges de la pensée humaine

Les tendances au manichéisme, au réductionnisme et à la simplification sont inscrites dans les strates primaires de notre psychisme, elles nous empêchent de comprendre correctement le monde. Plus faciles, plus séduisantes, plus rassurantes, ces biais cognitifs humains sont des refus de la complexité et de la diversité du monde. Sont-ils inéluctables ? Ou bien peut-on les éviter en développant une pensée de la complexité ?

26 janvier | Les voies de la connaissance

Puisqu’il n’y a pas de révélation ni d’idée innée, comment l’Être Humain peut-il accéder à la connaissance ? Quelles sont les voies de la connaissance ? Peut-on se fier à la raison et à la logique ? Quelle est la place de l’expérience et de l’empirisme ? Quels sont les pièges à éviter ? Peut-il y avoir une connaissance fiable au-delà de la certitude de notre incertitude ?

9 février | La connaissabilité du monde

Le monde est-il connaissable ou inconnaissable ? Est-il accessible ou pas à l’esprit humain ? Ces questions peuvent paraître saugrenues mais elles sont essentielles. Leurs réponses déterminent la totalité de notre représentation du monde et notre participation au monde. Nos prétendues connaissances sur le monde ne sont-elles pas de simples représentations-interprétations du réel, liées à nos grilles de lectures anthropologiques et culturelles ?

23 février | La limite de la certitude – la certitude de notre incertitude dans les voies de la connaissance

Comment accéder à la connaissance avec des moyens limités : limites des sens, limites de la raison,… Et si la première étape dans les voies de la connaissance passait par la conscience de notre ignorance ?

9 mars | La connaissance, fruit de l’effort humain

Ni révélation, ni inspiration, ni intuition, ni idées innées, c’est à l’homme d’aller vers la connaissance. L’être humain ne peut compter que sur lui-même pour connaître. Toute connaissance est donc une ascension et une conquête dans les voies de la connaissance, la facilité est toujours un piège.

23 mars | La nécessité de la libre-pensée

Les voies de la connaissance, avant d’être une méthode, sont d’abord une attitude du sujet, une dynamique particulière dans la manière de penser. La libre pensée fait partie de ces qualités indispensables.

13 avril | La nécessité de la raison – la rationalité de toute connaissance

Penser ne suffit pas, il faut encore réfléchir ! Qu’est-ce que la raison ? Est-ce la même chose que la rationalité ? Quelle est la place de la raison dans les voies de la connaissance et dans la condition humaine ? Toute connaissance est-elle nécessairement de nature rationnelle ?

27 avril | La systématisation du doute dans les voies de la connaissance

Qualité habituellement valorisée en philosophie, le doute est aussi une attitude indispensable dans les voies de la connaissance. Il n’y a pas de connaissance valable si elle ne passe par le doute. Doute qui apparait ainsi comme une anti-chambre de la connaissance.

11 mai | La recherche de l’objectivité – le dépassement de la subjectivité et de l’anthropocentrisme

Autre impératif dans les voies de la connaissance, l’objectivité. Mais qu’est-ce au juste que l’objectivité ? Comment peut-on dépasser sa subjectivité naturelle ? La connaissance nécessite l’auto-connaissance de nos limites humaines et de notre anthropocentrisme.

25 mai | Les limites de l’induction

Ce n’est pas parce que je n’ai vu que des cygnes blancs que tous les cygnes sont blancs, telles sont les limites de l’induction et de l’observation. Il est indispensable dans les voies de la connaissance de dépasser les apparences sensorielles, les particularismes et les pièges de la réduction et de la simplification.

8 juin | La confrontation au réel – le criterium de l’expérience

La raison théorique est indispensable dans les voies de la connaissance, mais la raison seule ne garantit pas l’exactitude de nos théories. Les théories doivent toujours être confrontées au réel. La nécessité de la rationalité ne peut être séparée de la nécessité de l’empirisme et du critérium de l’expérience.

22 juin | Le progrès constant des connaissances

Plus que toute méthodologie formelle, le véritable esprit des voies de la connaissance doit être une perpétuelle approche critique et démarche de progression. Même les vérités les mieux établies en apparence doivent être soumises à un examen critique. L’attitude de l’esprit qui cherche la connaissance est très différente de l’attitude passive de l’esprit qui détient des connaissances.

A PROPOS DE L’ESPRIT DE CE CYCLE DE COURS

Nous sommes désormais si habitués à voir les connaissances humaines s’étendre dans cent directions différentes que nous avons tendance à oublier à quel point nous sommes limités en tant qu’individus.

Faisons abstraction de tout ce qui a été découvert avant nous, de tout ce qui existe à nos côtés, et réfléchissons à ce que nous pouvons expérimenter par nous-mêmes. Cela ne fait pas grand chose !

Prendre conscience de “tout ce sur quoi l’oeil peut se poser”, c’est découvrir un paysage qui s’étend sur quelques kilomètres, tout au plus. Déplaçons-nous sans le secours d’autres personnes ou d’objets inanimés, et deux douzaines de kilomètres nous sembleront déjà harassants. En fait, et jusqu’à une époque fort récente, la plupart des gens passaient toute leur vie dans un rayon de quelques kilomètres autour de leur lieu de naissance. Ils n’avaient connaissance de tout le reste que par ouï-dire.

Mais à part cela ? À quelle hauteur pouvons-nous grimper ? À quelle profondeur pouvons-nous descendre ? Seuls, nous pouvons nous hisser de quelques mètres dans un arbre, ou encore descendre dans un puits. Nous pouvons rêver en contemplant les oiseaux, mais le rêve sera toujours plus fort que nous. Et les corps célestes ? Ils sont le symbole même de l’inaccessible. “Demander la lune”, signifie présenter des revendications exagérées. Et pourtant, la Lune est le plus proche de tous les astres.

Que pouvons-nous nous rappeler par nos propres moyens ? Nos grands-parents, peut-être, ainsi que les récits qu’ils nous faisaient de la vie d’antan, de leur jeunesse et de leurs propres grands-parents. À un siècle de distance, les hommes et les événements se perdent dans la nuit.

Quelle est la chose la plus grande que nous ayons rencontrée ? Une montagne ? Et la plus petite ? Un grain de poussière dansant dans un rayon de soleil ? La plus chaude – un feu de joie ? Et la plus froide – un rude matin d’hiver ?

Nous sommes limités de toutes parts et le monde nous enserre dans son exiguïté.

Mais les êtres humains possèdent des attributs qu’ils ne partagent, semble-t-il, avec aucune créature vivante. Nous avons une curiosité insatiable et une fantastique ingéniosité. Il y a des milliers d’années, nous avons élaboré un langage complexe, grâce auquel nous pouvons énoncer des idées abstraites et les communiquer à nos semblables. Chacun de nous peut maîtriser ses propres pensées, mais aussi celles d’autrui. Une communauté peut ainsi regrouper ses idées et son savoir.

Par la suite, nous avons inventé un système d’écriture permettant de conserver le souvenir de la parole, de telle sorte que nos pensées et nos réflexions peuvent franchir les années et les kilomètres pour toucher des communautés très éloignées de la nôtre géographiquement parlant ou des générations encore à venir.

L’ensemble de la connaissance et des idées finit par devenir mondial et permanent, et le jour vint où chaque individu eut à sa disposition l’acquis de tous ceux qui partagent le monde avec nous et de tous ceux qui ont précédés.

La connaissance se développa, lentement dans un premier temps, puis à un rythme fabuleux, et l’horizon des hommes recula de tous côtés. Nous parcourons la planète d’un pôle à l’autre. Nous escaladons les plus hautes montagnes et descendons dans les mers les plus profondes, nous nous posons sur la Lune et envoyons au-delà de Saturne des véhicules qui nous racontent ce qu’ils voient.

Nous découvrons et étudions avec la même facilité l’étoile la plus grande et l’atome le plus infime, et nous manions des concepts aussi désarmants que les trous noirs ou les quarks. Nous abordons des températures rivalisant avec celles qui règnent au coeur des étoiles les plus chaudes et entrevoyons les confins les plus reculés de l’espace.

Je m’efforcerai dans cet ouvrage de vous présenter les étapes de cette connaissance et de vous narrer le récit de l’aventure de l’exploration dans laquelle s’est lancée notre espèce et dont nous sommes redevables – sans oublier toutefois de donner un bref aperçu du chemin qu’il nous faut encore parcourir.

Isaac Asimov
La conquête du savoir

CE CYCLE EST RÉSERVÉ AUX PERSONNES AYANT SUIVI LE TROISIÈME CYCLE