Promo Philothèque : ROUSSEAU ET LA LIBERTÉ DU PEUPLE
21 juin de 00:00 à 23:59

ROUSSEAU ET LA LIBERTÉ DU PEUPLE – La nécessité de «voir son bien» : souveraineté, volonté générale et éducation.
Journée d’étude réalisée par Vincent Gray à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Rousseau (1712-2012) réalisée le 24 novembre 2013à la Maison de la philosophie à Toulouse.
N°1 – LA SOUVERAINETÉ ET SES ATTRIBUTS – Inaliénabilité de la souveraineté, indivisibilité de la souveraineté et droiture de la volonté générale
Cette Journée d’Étude consacrée à Jean-Jacques Rousseau prendra pour point de départ l’un des concepts centraux de sa philosophie politique, qui constitue également un de ses apports théoriques majeurs à l’histoire de la philosophie, le concept de souveraineté. Nous nous proposerons d’éclairer ce concept à partir de ce que Rousseau, dans les trois premiers chapitres du Livre II du Contrat social, considère comme ses trois principaux attributs, à savoir l’inaliénabilité de la souveraineté, l’indivisibilité de la souveraineté et la droiture de la volonté générale. Dans ce cadre, nous serons amenés, pour comprendre la complexité de ce concept, à nous pencher sur le concept rousseauiste de volonté générale.
N° 2 – LA VOLONTÉ GÉNÉRALE ET LES CONDITIONS PERMETTANT AU PEUPLE DE «VOIR SON BIEN» – Information des citoyens et éducation
Poursuivant notre lecture des chapitres I, II et III du Livre II du Contrat social, nous montrerons d’une part que ce concept de volonté générale comporte deux points problématiques, à savoir la question de la détermination de l’intérêt commun comme objet de la volonté générale et celle du rapport entre volonté générale et volonté de tous, et d’autre part que ces deux points problématiques renvoient à la question des conditions permettant au peuple de « voir son bien ». En effet, selon Rousseau, pour qu’un peuple soit véritablement libre, il faut que la souveraineté exprime une volonté générale qui soit le plus proche possible de la volonté de tous. Or, ceci n’est possible que si chaque membre du corps politique est informé et voit son bien, c’est-à-dire comprend que son intérêt particulier réside dans l’intérêt commun, de sorte que sa volonté particulière soit conforme à la volonté générale, cette conformité étant la définition de la vertu, vertu qui est le produit de l’amour de la patrie, qui est le fruit d’une éducation conçue comme une institution politique.
N°3 – L’ÉDUCATION OU LA FORMATION DES CITOYENS COMME CONDITION DE LA LIBERTÉ DU PEUPLE – Éducation publique antique, éducation publique moderne et «éducation moyenne» des cercles genevois.
La dernière partie de cette Journée d’étude sera donc consacrée à la question de l’éducation conçue comme une institution politique. Ceci nous amènera à sortir du Contrat social pour nous ouvrir à d’autres textes, comme le Discours sur l’économie politique, la Lettre à d’Alembert, l’Émile, les Considérations sur le gouvernement de Pologne ou encore certaines lettres de Rousseau, comme sa « Lettre au docteur Théodore Tronchin ». Il s’agira de montrer que, pour Rousseau, l’éducation, du moins dans un pays libre, une république, une patrie, doit être une affaire publique, car elle ne doit pas se contenter de transmettre des savoirs et de former à un métier, mais doit avant tout former des citoyens en les éduquant à la liberté et en leur apprenant à voir leur bien. Ainsi, nous verrons premièrement que le modèle d’éducation privée développé dans l’Émile n’est qu’un modèle parmi d’autres modèles éducatifs, deuxièmement que ce modèle ne peut convenir à la formation d’un peuple libre dans une république, et troisièmement que Rousseau développe au moins trois modèles d’éducation conçus comme des institutions politiques susceptibles de former les citoyens d’un peuple libre, à savoir l’éducation publique antique, l’éducation publique moderne et « l’éducation moyenne » des cercles genevois. Ainsi, nous conclurons cette Journée d’étude en nous demandant s’il est encore possible, dans la modernité, de concevoir l’éducation comme une véritable institution politique.
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