Les Samedis Philo

Thème 2018-2018 : ECCE HOMO, LA NATURE HUMAINE

 

Chaque conférence peut se suivre de manière indépendante, le samedi à 14H

Conférencier : Eric Lowen

Lieu de la conférence : Maison de la Philosophie

PAF : 4€/conférence - Adhérents : Gratuit

 

 

 


 

Programme des Samedis Philo 2018−2019

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Le samedi Philo propose chaque année un cycle sur une thématique, pour débuter son week-end en philosophie.

La liberté est en apparence un allégement. En réalité c'est un fardeau. Voici justement sa noblesse. La liberté engage et oblige; elle augmente la somme des efforts imposés à chacun.

Ernest Renan, Discours et conférences, 1887

 


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Archives des Samedis Philo

 


N°1 - SAMEDI 06 OCTOBRE À 14H

L’INVENTION DE L’HOMME
Comment l’idée de l’Homme est venue aux êtres humains ?

 

Il ne suffit pas d’être humain pour comprendre ce que nous sommes. Dans notre conscience de soi, nous nous définissons en priorité par le sexe, la profession, la nation, la religion ou autres éléments culturels de même portée. Rarement nous posons comme fondation de notre réalité et de notre identité l’appartenance à l’espèce humaine, à la fois comme Homo Sapiens et comme ensemble métaculturel. C’est pourtant quantitativement l’essentiel des éléments constituant notre individualité. Cette notion est à peine émergente dans les principes identitaires de l’Humanité contemporaine. On ne peut répondre correctement à la question philosophique “Qui suis-je ?” si on ne répond pas à la question première du “Que suis-je ?”. Comment est donc née l’idée de l’Homme ? Quelles en sont les implications philosophiques ?

N°2 - SAMEDI 20 OCTOBRE À 14H

COMMENT PENSER L’HOMME AUJOURD’HUI ?
Le nouveau statut ontologique de l’Homme

 

En ce début du 21ème siècle, les progrès de la compréhension de notre espèce ont totalement bouleversé les anciennes représentations de nous-mêmes, tant surle plan individuel que collectif. En très peu de temps à l'échelle historique, nous sommes passés de visions traditionnelles de l'Homme, principalement issues des croyances religieuses, à un Homme désacralisé, naturalisé, corporalisé, matérialisé, dé-essentialisé, animalisé, relativisé, biologisé, neurologisé, sans dieu, autonomisé, sans destin et désormais seul responsable de son devenir. Cette révolution anthropologique est comparable à une révolution copernicienne. L'humanisme classique n'est plus possible à l'identique, il doit être repensé à partir de ces nouveaux fondamentaux de la nature humaine. Cet effort de refondation de la conscience humaine, loin de renier l'humanisme, est au contraire un progrès de l'humanisme.

 

N°3 - SAMEDI 10 NOVEMBRE À 14H

LA NATURE HUMAINE
Le socle fondateur naturel de tous les êtres humains

 

Chacun d'entre nous se sent exister, que ce soit sur le mode du cogito cartésien ou de toute autre manière. Quand nous rencontrons un autre être “humain”, nous percevons primairement les différences identitaires et culturelles qui fondent notre individualité. Pourtant, avant notre “je”, individualisé et différencié, il y a ce support universel et commun à tous les êtres humains : la nature humaine. C'est cette nature humaine qui détermine fondamentalement ce que nous sommes et ce que nous pourrions être. Peut-on parler de connaissance de soi ou de connaissance sociale sans s'occuper de ce socle fondateur ?

 

N°4 - SAMEDI 17 NOVEMBRE À 14H

LE MYTHE DE L’ÉVOLUTION DE L’HOMME
Inévolution de l’Homo sapiens, progrès de l’Humanité

 

Au regard de l’histoire de notre espèce, peut-on parler d’une évolution de l’homo sapiens, de l’Homme ? Si la condition humaine a évolué de manière considérable, par contre la nature humaine a-t-elle changé depuis la préhistoire pour autant ? Si le progrès des connaissances est indéniable, qu’en est-il dans le domaine civilisationnel, éthique ou de l’art ? Le progrès individuel se traduit-il nécessairement en progrès social ? Et si l’évolution de l’Homme était un mythe ?

 

N°5 - SAMEDI 08 DECEMBRE À 14H

LA COMPLEXITÉ HUMAINE : SOMA, PSYCHÉ, NOÜS
Introduction à la complexité humaine

 

L'espèce humaine est caractérisée par une complexité bien plus grande que celle de l’animalité commune. L’Homo Sapiens ne se réduit pas qu'à sa corporalité, ses gènes et à sa biologie. L'Être Humain est aussi émotions, sentiments, pensées, réflexions, souvenirs, imaginations, désirs, conscience de soi, libre arbitre,… tous enfantés par sa corporalité matérielle. Cela entraîna une conception binaire de l’Homme, partagée entre corps et esprit. Ces représentations sont encore aujourd'hui dominantes dans la manière d'appréhender le fonctionnement humain. Or, ces visions dualistes sont toutes aussi problématiques que les réductionnismes biologiques ou psychologiques. Le passage à une anthropologie de la complexité est impératif si l'on veut comprendre correctement l’être humain.

 

N°6 - SAMEDI 15 DECEMBRE À 14H

UNIVERSALITÉ DE L’HUMANITÉ
ET UNICITÉ DE L’INDIVIDU
L’individualité comme expression de l’universalité

 

Comment concilier l’universalité de la nature humaine avec l’individualité, la spécificité unique de chaque individu ? Surtout que les discours qui contestent l’idée d’une nature humaine et le droit de l’individu à son unicité sont nombreux. Ce paradoxe est pourtant au coeur de la condition humaine, autant sur le plan individuel que collectif. Face à la remontée des idéologies différentialistes, communautaristes, ethniques, et à l’uniformisation, à la standardisation et à l’homogénéisation culturelle de la mondialisation, il est urgent de réaffirmer l’universalité de la nature humaine à travers l’unicité de chaque être humain, deux notions clefs de notre espèce.

 

N°7 - SAMEDI 12 JANVIER À 14H

LA SOCIALITÉ DE L’HOMME
L’Homo Sapiens, un primate social

 

Même quand il s’efforce de vivre en anachorète, en ermite, en misanthrope robinsonien, l’Homme reste un être social. Notre espèce, comme bien des espèces de mammifères et de primates, est une espèce sociale, qui vit au sein de groupes sociaux. Quelle est la nature de la sociabilité humaine ? Quels sont les fondements évolutionnistes de la socialité humaine ? Quelles relations avec la socialité des primates ? Comment la socialité humaine, de nature anthropologique, peut-elle se concilier avec les modes de vie en société, les sociétés contemporaines ?

 

N°8 - SAMEDI 19 JANVIER À 14H

L'HOMO SAPIENS, UNE ESPÈCE
SUPERCOOPÉRATIVE
coopérationnisme et altruisme, forces principales de l’Humanité

 

Il est assez commun de considérer l’Homme comme un être égoïste, marqué par l’individualisme, le quant-à-soi,… Si de tels comportements existent bien dans notre espèce, ils ne sont nullement des comportements caractéristiques de l’Homo Sapiens. C’est même précisément l’inverse : notre espèce est la plus coopérante et altruiste sur notre planète à ce jour, elle est supercooopérante. Bien plus que les espèces d’insectes sociaux même. C’est d’ailleurs à ces capacités de coopération et d’altruisme que notre espèce doit sa puissance et sa domination sur la biosphère actuelle.

 

N°9 - SAMEDI 09 FEVRIER À 14H

LA CULTURALITÉ DE L’HOMME
des cultures animales aux cultures humaines

 

A la différence de la plupart des espèces animales sociales, notre espèce produit de la culture et a besoin de la culture pour pouvoir survivre. Notre espèce est même dans une situation bien particulière de dépendance culturelle. Paradoxe étonnant, s’il faut de la culture pour faire un homo sapiens, comment l’homo sapiens est-il donc apparu ? Quels sont les principes de cette culturalité de l’Homme ? Sur quels mécanismes repose-t-elle ? Quelles relations avec les cultures animales ? Depuis quand date la culturalité humaine ? Quelles en sont les implications pour comprendre les cultures actuelles et l’Humanité ?

 

N°10 - SAMEDI 16 FEVRIER À 14H

ORIGINE NATURELLE DE LA MORALE
L'origine évolutionniste de la problématique morale

 

Tous les groupes sociaux humains, toutes les sociétés humaines, possèdent des morales pour assurer leur cohésion sociale. Dans le même temps, on ne perçoit nulle morale dans l’animalité. D’où viennent alors les morales humaines ? Sontelles innées ? Sont-elles vraiment ce qui distinguent l’Humanité de l’Animalité ? De leur coté, les religions disent que ce sont elles qui ont apporté la morale à l’Homme, le sortant ainsi de la barbarie, des comportements sauvages, immoraux et bestiaux, mais est-ce vraiment le cas ? Les progrès de l'anthropologie et de la primatologie éclairent aujourd’hui de manière radicale l’origine des morales humaines, inscrites dans des origines évolutionnistes très anciennes.

 

N°11 - SAMEDI 09 MARS À 14H

LA NATURE HUMAINE, LA FEMME ET L’HOMME
L'égalité ontologique de la femme, de l’homme et des autres

 

Depuis des millénaires, dans la plupart des sociétés, la femme est considérée comme inférieure à l'homme. La plupart des religions d'Orient et d'Occident ont rabaissé la femme au rang de sous-humain, d’éternelle mineure. Ces différenciations ontologiques prennent-elles leur origine dans la nature humaine ou bien sont-elles d’origines culturelles, la « nature » n’étant qu’un alibi pour justifier des rapports de domination entre hommes et femmes ? Quelles sont les raisons de ces sexismes et de ces croyances obscurantistes, dans lesquelles sont amalgamés sexe biologique et genre social ? Hommes et femmes sont des expressions d'une seule et même nature : l'homo sapiens. Avant d'être homme ou femme, nous sommes des homo sapiens. Si la différence génétique X/Y nous fait mâle ou femelle, c’est notre existence au sein de culture qui nous fait homme, femme ou autre. Cette conférence est un rappel de l'égalité ontologique entre les hommes et les femmes et une réfutation radicale des sexismes et de tous les “archétypes” de masculinité et de féminité.

 

N°12 - SAMEDI 16 MARS  À 14H

LA MATÉRIALITÉ DE L’ESPRIT
L’origine matérielle, naturelle et contingente de l’esprit

 

Pendant des millénaires, la corporalité et la matière ont été opposées à l’esprit, à la pensée, à l’âme, à la conscience. Cette manière de concevoir dualement l’Homme et le monde, issue d’une interprétation primaire et intuitive de la réalité, est à l’origine des croyances métaphysiciennes dans l’existence d’un esprit immatériel dans l’Homme. Or, ce que nous comprenons aujourd’hui dans le domaine de l’origine du vivant et de l’idéogénèse bouleverse radicalement ces conceptions traditionnelles. Non seulement l’opposition classique entre l’esprit et la matière n’a plus lieu d’être, car la matière de l’esprit est bien la matière, mais aussi l’idée que nous nous faisions de l’Homme : nous ne sommes pas un esprit dans un corps, nous sommes un corps doté d’un esprit, d’une conscience. Réflexions sur le pouvoir créateur de la matière et sur le fait que nous sommes une matière pensante.

 

N°13 - SAMEDI 13 AVRIL À 14H

LES [R]ÉVOLUTIONS DE LA CONSCIENCE
De l’évolution de la notion de conscience

 

Si l’homo sapiens est un être naturellement pensant, la manière dont nous pensons le pensant en nous est une représentation artificielle et culturelle. Aujourd’hui, cette représentation est largement dominée par la notion de conscience. Or, l’idée de conscience n’est pas une notion simple et intuitive, elle est le résultat d’une construction historique, autant religieuse que philosophique et scientifique. Entre la notion de conscience à l’époque de Kant et cette notion aujourd’hui dans les neurosciences et les sciences cognitives, le mot est le même mais la chose désignée n’a plus aucun rapport. Nous esquisserons un bref aperçu de l’évolutiontransformation de la notion de conscience, de manière à mieux comprendre ce qui fait de nous un être conscient.

 

N°14 - SAMEDI 20 AVRIL À 14H

RÉHABILITER LE DÉSIR
La positivité ontologique du désir

 

A l’encontre d’une tradition tenace et consensuelle, Jean-Jacques Rousseau affirme dans la Nouvelle Héloïse “Malheur à qui n'a plus rien à désirer !”. Le désir est pourtant le grand décrié dans la nature humaine, pensé comme signe du manque, de l’incomplétude, de l’illusion... etc. La plupart des grandes religions n’ont qu’un désir, se libérer du désir (admirez le paradoxe !). Ce désamour à l’égard du désir ne délivre pas l’homme du désir, il conflictualise artificiellement la présence du désir dans l’homme. Il est temps de sortir de ces approches moralistes, fondées sur l’ignorance de la nature humaine et de la nature réelle du désir, aboutissant à des obscurantismes. Car le désir est positif, le désir n’est pas manque, il est affirmation de l’Être. Osons donc désirer désirer, condition de l’élévation de l’Homme !

N°15 - SAMEDI 11 MAI À 14H

L’ÊTRE HUMAIN, UN ANIMAL IMAGINANT
La plus spécifique des capacités humaines

 

Une des capacités cognitives parmi les plus importantes de notre espèce, tout en étant une des moins discernées comme telle, est l’imagination. Elle s’affirme tout au long de l’hominisation de notre lignée évolutive. C’est peut-être même plus que la raison, la capacité mentale la plus stratégique de l’Homme, à l’origine des dimensions culturelles spécifiques à notre espèce : l’art, la religion, le langage, la pensée conceptuelle, l’innovation culturelle… Avant d’être un animal rationnel, nous sommes un animal imaginatif, dont une grande partie de l’existence est déterminée par ce qu’il imagine. C’est en grande partie l’imagination qui est le moteur de l’histoire humaine.

 

 

N°16 - SAMEDI 18 MAI À 14H

L’INHUMAINE HUMANITÉ
L’amoralité naturelle de l’Homme

 

Depuis longtemps, les êtres humains s'interrogent sur les raisons des comportements humains au mal, à la violence gratuite, au sadisme, capable des pires cruautés. L'être humain est-il naturellement bon ou mauvais ? Comment penser l’inhumanité dans l’humanité ? Avant toute chose, sans chercher à condamner ni à excuser, il faut regarder lucidement tous les aspects de l’humanité, donc aussi sa capacité à ce qu’on appelle communément le mal. Chercher à comprendre l’être humain, c’est aussi le devoir de comprendre notre si humaine inhumanité. Si l’inhumanité commence en chacun d’entre nous, c’est en chacun d’entre nous que se fait la lutte contre l’inhumanité.

 

N°17 - SAMEDI 08 JUIN À 14H

L’ÊTRE HUMAIN, UN ÊTRE EN DEVENIR
L’Homme créateur de lui-même

 

Comme Pic de la Mirandole l'avait déjà dit dans son Oraison de la dignité humaine, l'être humain est une créature inachevée et doit s'achever lui-même. On ne naît pas humain, on le devient. Que signifie ce principe de “devenir humain" ? La nature humaine ne suffit-elle pas pour avoir la qualité humaine ? A quel moment pouvonsnous dire que nous avons achevé notre devenir ?

 

N°18 - SAMEDI 15  JUIN À 14H

LA PERFECTIBILITÉ DE L’ÊTRE HUMAIN
La naturelle mais facultative perfectibilité de l’Être Humain

 

En raison de ses facultés d’apprentissage et de sa dimension culturelle, l’homo sapiens est un être en devenir qui peut changer et évoluer. Ce qu’il est aujourd’hui n’est pas une fatalité. Il peut apprendre et développer de nouvelles qualités, de nouveaux comportements. Il peut même changer ses anciens comportements et se libérer d’éventuels problèmes et défauts. En un mot, l’Être Humain est perfectible. Cette perfectibilité humaine est même inscrite dans le sens de notre existence. Mais dans quel sens faut-il comprendre cette idée de perfectionnement humain ? Technique ou éthique ? Dans l’ordre des connaissances, des pouvoirs ou de notre intériorité ? Pouvons-nous nous améliorer et nous libérer des déterminismes génétiques, sociaux, culturels, de nos habitudes ? Quelle est l’utilité de se perfectionner ? Quelles relations entre cela et la philosophie ?