Les mercredis de l'économie


 

Conférences sur lʼéconomie

le deuxième mercredi du mois à 20H30

 

Lieu : Maison de la Philosophie

PAF : 4€ - Adhérents : gratuit.

 

 


 

Programme des Mercredis de l'Economie 2018−2019

Télécharger le programme du Forum des Savoirs

 

 


Depuis une quinzaine d’années, la montée des implications “technicoéconomiques” est considérable dans la vie politique et dans nos vies quotidiennes. Face à des mécanismes complexes, occultes, internationalisés, mondialisés, globalisés, où s’entremêlent mécanismes publics et économie privée, où les déformations médiatiques et les récupérations politiciennes sont constantes, le citoyen lambda, profane à ces questions, est le plus souvent démuni, plus emporté par l'émotion que guidé par la raison, prenant des symboles pour les vrais problèmes. De là, la tentation des réponses faciles, démagogiques, idéologiques, utopiques, de gauche et de droite, d’extrêmegauche et d’extrême-droite, mais aussi d’extrême-écologie ! Face à cette situation, l’Université Populaire propose un cycle de conférences par deux économistes, Patrick Mignard et François Morin. Toute lumières sur ces questions ne peuvent qu’être utile à la vie citoyenne et démocratique. Mieux comprendre l’économie est la première condition pour ne plus la subir.

 


Retouvez toutes les conférences des années pérécédentes sur notre audiothèque

 


Archives des Mercredis de l’économie

 


 

MERCREDI 03 OCTOBRE À 20H30

MISÈRE DU SCIENTISME EN ÉCONOMIE
La prétendue rationalité de l’agent calculateur et asocial

Conférence par Anne Isla
Maître de conférences en économie,
membre du LEREPS Toulouse Jean Jaurès

 

La théorie économique dominante soucieuse de se faire passer pour une science dure au même titre que la physique a adopté une méthodologie analytique et une rationalité substantielle (rationalité totale voire dans le meilleur des cas, limitée). Elle a pu ainsi mettre en oeuvre la médiation du marché comme médiation optimale dans toute relation sociale et humaine, y compris dans le domaine de la rationalité politique. La rationalité politique du néolibéralisme est donc dépolitisée et amorale puisqu’elle adopte la logique du marché, pense dans ses termes (efficacité, efficience, performance, transparence, responsabilité, rentabilité, empowerment, consensus), et associe étroitement le monde privé à l’élaboration des politiques publiques. Mais une autre économie est possible soucieuse du mieux-être des acteurs économiques, soucieuse de mettre l’économie non plus au-dessus mais au service des êtres humains.

 

MERCREDI 14 NOVEMBRE À 20H30

L’INSOUTENABLE PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL

Conférence par Mireille Bruyère
maître de conférences en économie à l’Université de Toulouse 2
Jean Jaurès, membre du laboratoire CERTOP

 

Ne sommes-nous pas devenus trop efficaces ? N’avons-nous pas dépassé la limite du raisonnable quant à notre capacité à produire, quant à notre productivité ? Une productivité désirée non seulement par les chantres du néolibéralisme, mais aussi par la grande majorité des courants critiques du capitalisme. La critique de la croissance déjà ancienne désigne notre désir infini pour la consommation comme source de notre aliénation et de l’impasse écologique dans laquelle nous avons précipité la planète. Mais, ce désir de consommation infini n’est-il pas l’autre face de notre désir d’efficacité infinie ? De notre désir de maîtrise infinie ? Ne faut-il pas aussi s’interroger sur notre efficacité productive et sur les niveaux de productivité que nos économies ont atteints aujourd’hui ? Cette conférence se propose de montrer que l’aliénation actuelle n’est seulement pas la mauvaise répartition des richesses, mais l’injonction toujours renouvelée à la productivité du travail.

 

 

MERCREDI 9 JANVIER 2019 À 20H30

LE POIDS DES DOCTRINES GÉOPOLITIQUES
DANS LA POLITIQUE INTERNATIONALE

Conférence par François Masclanis
Docteur en Sciences Politiques, Enseignant-Chercheur
en Économie et Géopolitique, ISEG / ISERAM

 

Bien avant l’apparition au XIXème du terme « géopolitique », la pratique des pouvoirs économiques et politiques a toujours été influencée (voire guidée) à la fois par divers penseurs (Sun Tzu, Machiavel, Clausewitz…) et par diverses doctrines (scientisme, darwinisme, nationalisme…). Les grandes puissances s’appuient sur celles-ci pour adopter et motiver leur stratégie géopolitique. Ainsi, le lien entre « le choc des civilisations » de Huntington et les politiques étrangères de G.W. Bush et D. Trump est indéniable, de même que la stratégie de Poutine est influencée à la fois par « le panslavisme » du XVème, et « l’ethno nationalisme » contemporain. De même, la stratégie de domination de la Chine avec les « nouvelles routes de la soie ». Il est donc utile de s’intéresser aux liens existants entre doctrines géopolitiques et stratégies politiques, à la fois pour mieux les comprendre et pour tenter d’appréhender les évolutions futures de ces stratégies complexes.

 

 

MERCREDI 13 FÉVRIER  À 20H30

LA DÉMOCRATIE SOUS INFLUENCE
L’influence des systèmes techniques d’aide à la
décision et des organisations en démocratie

Conférence par des membres de l'atelier universitaire permanent
pluridisciplinaire "Systèmes d’information, Systèmes d’aide à la
décision et démocratie"

 

Quelle est l'influence que les systèmes d'information et de décision peuvent exercer sur la démocratie dans les organisations, et, plus largement, dans la société ? En quoi les modélisations de ces systèmes favorisent-elles ou non le caractère démocratique ? En quoi les méthodes constituent-elles des processus démocratiques ? Les usages des systèmes d'information et de décision renforcent-ils les rapports de force établis, ou au contraire, en quoi les utilisations innovantes pourraient-elles favoriser la participation de tous les salariés à l'évolution de l'organisation ? Comment résister, comment maintenir les capacités des citoyens, comment protéger la démocratie ?

 

 

MERCREDI 13 MARS À 20H30

MENACES SUR LES « BIENS COMMUNS »
de nouvelles perspectives sur l'action collective

Conférence par Adrien Peneranda
Maître de conférences en sciences de gestion, sciences po
Toulouse

 

Nous vivons en apparence dans une société d’abondance. Or de nouvelles pauvretés, de nouvelles inégalités se creusent et de nouvelles « enclosures » apparaissent. L’enclosure est synonyme de dépossession de la grande majorité au profit d’une petite minorité, synonyme de privatisation ou de destruction d’une richesse partagée. Les enclosures menacent les communs. Alors que les communs, qu'ils soient naturels, sociaux ou de la connaissance sont tous essentiels pour nous. Les communs naturels (comme la biodiversité, l’eau, notre code génétique) sont nécessaires à notre survie, les communs sociaux (comme le temps dont nous disposons et les règles de la vie en société) permettent la cohésion sociale et les communs culturels (les connaissances, les arts, etc.) sont indispensables pour une vie individuelle et collective en harmonie. Cette conférence fera le point sur ce que sont les communs, les menaces qui pèsent sur eux, et la façon de les faire vivre par l’action collective.

 

 

MERCREDI 10 AVRIL À 20H30

LA TENDANCE AU COOPÉRATIF,
ALTERNATIVE OU EFFET DE MODE ?
Pour une investigation historique et une lecture
anthropo-économique

Conférence par Hayder Farès
Enseignant-chercheur ISERAM-ISG, LED

 

L’environnement socio-économique des trois dernières décennies a vu se développer de manière notoire des formes de relations coopératives et collaboratives aux modes d’organisation, objectifs et appellations aussi diversifiés que « consommation collaborative », « économie circulaire », « économie de partage », « networks », « alliances stratégiques » … S’agit-il d’une tendance venant répondre au contexte socio-économique de l’époque ? Il est évident que l’engouement aussi bien des managers que des consommateurs contemporains a produit un développement substantiel, une diffusion et un enrichissement sans précédent du vocabulaire et des pratiques. Mais les racines de cet élan, indiscutablement lié à l’espèce humaine, sont bien plus profondes. Dans une démarche épistémologique à la fois exploratoire et explicative nous aborderons ce phénomène selon des approches aussi bien historiques et anthropologiques qu’économiques, politiques et stratégiques.

 

MERCREDI 12 JUIN  À 20H30

L’« AUTONOMIE-CONTRÔLÉE », UN NOUVEAU
TYPE D’ORGANISATION DU TRAVAIL ?
Entre dynamique coopérative des firmes et tendance
libérée du travail

Conférence par Hayder Farès
Enseignant-chercheur ISERAM-ISG, LED

 

Deux évolutions majeures ont caractérisé la dynamique des entreprises succédant aux « Trente Glorieuses ». D’un côté, une compétition croissante accompagnée d’une instabilité des marchés et d’une vélocité des changements ; de l’autre, un développement notoire des technologies de l’information (TI) et une fluidification sans précédent de la communication. Dans ce contexte, beaucoup d’entreprises ont procédé à une profonde mutation de leur organisation en vue d’accroître leurs réactivité et flexibilité et partant, leur efficacité. Les structures de travail et de décision ont évolué d’un système d’hiérarchie verticale homogène et centralisée à une organisation à la fois horizontale et ouverte encourageant la décentralisation et l’autonomie des acteurs et favorisant les PME. Ces dernières se trouvent alors souvent tiraillées entre une organisation interne propice à l’expression démocratique et une organisation externe où la décision leur échappe au profit des grands partenaires.