La Fraternité

La Fraternité


Tous ces textes sont extraits de notre lettre d'information mensuelle, ALDÉRAN INFO, qui ne parait plus aujourd'hui.


LA FRATERNITÉ,
un pont par-delà nos différences

La fraternité est une grande aventure, elle demande un double effort pour s’élancer vers l’inconnu, de l’autre, du monde, et dépasser nos réticences et peurs intérieures.

L’étymologie du mot “fraternité” renvoie initialement à l’idée de lien de parenté entre frères et soeurs, mais elle prend son sens véritable dans la création de liens d’amitié et de solidarité entre des individus qui n’appartiennent pas à la cellule familiale. La fraternité familiale semble plus évidente car elle repose sur des liens que nous percevons immédiatement dans notre expérience humaine. Les progrès de la connaissance ont permis de discerner des liens de parenté tout aussi fort entre tous les êtres vivants.

L’esprit de fraternité ne connait pas les frontières, ou plutôt ne devrait pas en connaître. L’idéal est élevé, exigeant, mais pas utopique. Face à nos limites intérieures et nos réticences, il indique la voie du perfectionnement humain. Bien que la fraternité soit le troisième principe de la république française, nulle loi ne peut l’instaurer. Elle naît d’une qualification de notre conscience, de nos sentiments et de nos pensées qui est inscrite dans l’article 1er de la Déclaration universelle des Droits de l’Être Humain de 1948.

Principe source, la fraternité doit rayonner de manière universelle dans des fraternités particulières non-exclusives : fraternité entre les individus, entre les hommes et les femmes, les malades et les gens en bonne santé, entre les peuples, entre voisins et habitants des antipodes, entre les communautés, entre les générations, entre les cultures, entre les pays du Sud et du Nord, entre les langues et les religions, fraternité entre les êtres humains et les animaux, entre l’Humanité et notre planète, entre l’Humanité et le cosmos, et demain peut-être, entre l’Humanité et d’autres espèces intelligentes.

La fraternité dépasse les différences pour percevoir l’unité des êtres et des choses, cette haute vérité que l’on ne perçoit bien qu’avec le coeur disait Saint-Exupéry. Là où une conscience réduite sépare, exclut et rejette, la fraternité relie et unifie. Elle passe par le respect, elle se nourrit de vérité, d’amour et de justice. La fraternité, ce n’est plus vivre à côté des autres, ni parmi les autres ni dans la société mais solidairement avec les autres, qu’ils soient proches ou lointains.

Par les activités que nous organisons et nos principes philosophiques, l’Association Aldéran est engagée dans la promotion de l’esprit de fraternité à travers tant l’évolution individuelle des individus que l’organisation de la société et de l’économie. Pour cette année, je vous invite donc à méditer sur cette notion de fraternité, à progresser sur cette voie qui mène à la plénitude de l’esprit humain et à envisager toutes les actions, individuelles ou collectives qui peuvent établir un plus de fraternité dans le monde en ce début du 3ème millénaire.

13 septembre 2000,

Eric Lowen
pour l’association Aldéran Toulouse


PROMOUVOIR ET DÉFENDRE LA FRATERNITÉ

ALDÉRAN INFO N°48, OCTOBRE 2000

La fraternité est un thème privilégié de la philosophie aldérienne (voir Les sept piliers de la Sagesse ou Les Trois étoiles). De ce fait, l’association Aldéran est engagée depuis sa création en 1969 dans une mission quotidienne de promotion de l’esprit de fraternité dans toutes ses expressions, en premier par la qualification individuelle par le biais des enseignements que nous diffusons et ensuite par l’organisation d’actions concrètes (exemple du choix de ce thème pour cette année philosophique, gratuité de participation, soutien à diverses ONG ou associations pour des grandes causes...). A un deuxième niveau complémentaire, nous défendons la fraternité de manière active et offensive contre les mentalités, préjugés, croyances et intérêts divers qui s’y opposent (intégrismes, racismes, sexismes, exploitations économiques, violences, fascismes, nationalismes, injustices, mouvements sectaires, homophobisme... etc). Pour avoir une approche globale, il ne suffit pas d’inciter à la fraternité, il convient aussi de réfuter les justifications et de s’opposer au développement des idéologies de haine, de fanatisme et d’exclusion.

Eric Lowen
directeur des cours de l'Association Aldéran Toulouse

 


 

L’ABOLITION DE LA PEINE DE MORT, QUESTION DE FRATERNITÉ

ALDÉRAN INFO N°49, NOVEMBRE 2000

Le numéro de la revue ALDÉRAN de ce mois (N°19) est consacré à l’abolition de la peine de mort. Ce sujet délicat est en relation directe avec le thème philosophique de cette année. La lutte pour l’abolition de la peine de mort est aussi un enjeu de la fraternité à l’égard de l’Humanité. Parler de fraternité contre la peine de mort peut paraître étonnant mais c’est bien le cas. Cette fraternité doit s’entendre de trois manières. La première est à l’égard des condamné(e)s victimes d’erreurs judiciaires ou d’une utilisation politique ou religieuse de la peine de mort. La seconde est à l’égard des victimes des criminels car la lutte contre la peine de mort n’est ni une croisade contre la justice (mais pour une justice plus élevée) ni contre les familles des victimes. La troisième, la plus délicate car elle va à l’encontre de nos réactions émotionnelles primaires, est à l’égard des criminels eux-mêmes. Cette fraternité n’est pas à titre individuel mais en raison de leur appartenance à l’Humanité. C’est en tant qu’être humain qu’ils ont tué - même si le sens commun a du mal à reconnaître que des êtres humains puissent accomplir de tels actes - et c’est en tant qu’être humain qu’ils doivent répondre de leurs actes et dans le respect de la dignité humaine. Si on ne respecte pas ce degré minimum de fraternité à leur égard, cela revient à se conduire exactement comme ils l’ont fait.

Eric Lowen
directeur des cours de l'Association Aldéran Toulouse

 


 

FRATERNITÉ ET DÉMARCHE PHILOSOPHIQUE

ALDÉRAN INFO N°51, JANVIER 2001

 

Pour commencer un nouveau millénaire, le choix de la Fraternité pour le thème philosophique de l’année s’est imposé naturellement en raison de sa portée symbolique et de son importance pour l’existence humaine. La fraternité est au coeur de la pratique philosophique. La philosophie fut trop longtemps réduite à la spéculation métaphysique, alors qu’elle doit se traduire par une pratique de sagesse, une intelligence du bien-vivre avec soi et avec les autres. La véritable mesure de la philosophie n’est donc pas l’élévation de la réflexion intellectuelle, la quête de vérité est plutôt un moyen, mais un avancement de notre capacité à être plus fraternel envers autrui; tous les autres et pas seulement nos proches. La philosophie est aussi une voie d’amour et la fraternité est une de ses expressions dans les relations humaines. Le changement d’année est souvent l’occasion pour chacun d’entre nous, de faire des projets pour mieux préparer l’avenir. Alors, pour cette nouvelle année, faisons voeux, non pas d’un monde plus fraternel, mais d’être plus fraternel soi-même, c’est par soi que commence la construction d’un monde plus fraternel.

Eric Lowen
directeur des cours de l'Association Aldéran Toulouse

 


LA FRATERNITÉ AU QUOTIDIEN

ALDÉRAN INFO N°53, MARS 2001

 

Les idéaux de fraternité et d’altruisme évoquent des actions extraordinaires de dévouement et de courage, illustrées par de grands esprits comme Gandhi ou Martin Luther King, qui ont porté les idéaux de fraternité à des sommets. Ces actions exemplaires ne doivent pas faire oublier que la fraternité se cultive d’abord au quotidien, dans des actions en apparences anodines, banales. Avant de la chercher dans “l’exceptionnel” à l’autre bout de la terre, en envoyant par exemple de l’argent lors d’un tremblement de terre, elle doit commencer dans notre quotidien; sur le long terme régulier et non dans l’action ponctuelle de l’humanitaire d’urgence. Il y a mille et une façons d’être fraternel au quotidien. Au volant de nos voitures en faisant preuve d’un peu plus de courtoisie et de respect envers les autres automobilistes, dans notre regard envers les sans-domiciles, dans la manière de saluer nos voisins au lieu de cultiver l’indifférence et l’anonymat. Ces deux notions sont complémentaires mais il convient de rétablir une priorité. Ni Gandhi ni Martin Luther King ne sont devenus subitement altruistes, lorsqu’ils ont accomplis leurs oeuvres respectives. Ils ont accompli cela en cultivant, au préalable et comme éthique de vie au quotidien, la fraternité et l’altruisme qui en découle.

 

John Valmer, directeur du département
Actions Humanitaires d’ALDÉRAN INTERNATIONAL

retrouvez la suite de cet article dans notre prochaine revue ALDÉRAN N°21, de Mai 2001

 


LA PHILOSOPHIE, VOIE DE FRATERNITÉ

ALDÉRAN INFO N°55, JUIN 2001

 

Les relations entre la philosophie et la fraternité sont multiples. Il y a de manière classique tout ce qui relève de la philosophie de la fraternité; l’ensemble de la théorisation de la fraternité, des éléments scientifiques, historiques et métaphysiques qui montrent l’intérêt et la nécessité de la fraternité dans les relations humaines. Les aptitudes explicatives et éclairantes de la philosophie sont en quelque sorte mise au service de la fraternité, comme c’est le cas de ces articles de l’année de la fraternité. Cette relation se rencontre sous la plume des philosophes, dans leurs livres ou leurs conférences, elle peut se qualifier de livresque et d’intellectuelle sans pour autant que cela soit péjoratif ou restrictif. Mais il existe une autre relation, qui concerne cette fois-ci la démarche philosophique au lieu du corpus d’idées. Puisque la philosophie est d’abord par une démarche de vie de recherche de sagesse, d’amélioration et de perfectionnement de soi, le travail sur soi implique donc un développement des sentiments, des idées et des actes de fraternité.

Roman Wallis
retrouvez la suite de cet article dans notre prochaine revue ALDÉRAN N°22 (août 2001)