LA CONFÉRENCE DU MOIS PROCHAIN

  

 Conférences et débats mensuels sur l’athéisme et la critique des religions. Ces conférences s’adressent à tous ceux qui veulent mieux comprendre de manière objective les religions, le phénomène religieux et l’athéisme, et mener l’aventure de la condition humaine sans les béquilles de la croyance religieuse. 

 

  Lundi 20 février 2012 à 20h30 :

 

LA  DECHRISTIANISATION DU FAIT RELIGIEUX

Conférence par Eric Lowen

Chaman de l'altaï (sibérie) jouant du tambourin

En général, notre approche de la religion est erronée car basée sur des références normatives issues exclusivement du christianisme. Même la plupart des athées élaborent une critique des religions biaisée par le fait qu’ils pensent la religion et l’athéisme en fonction du christianisme. Or, le christianisme n’est qu’une religion parmi des milliers en vertu du relativisme religieux, et ses structures sacrales et théologiques ne sont pas universelles ni obligatoirement représentatives de la religion. Si on veut comprendre correctement la religion, il faut donc sortir de ce particularisme religieux qu’est le christianisme. Cette conférence présentera les notions essentielles de la déchristianisation du fait religieux.


EDITO - par Jean-Luc Mouillé

 

Décés de Christopher Hitchens

Christopher Hitchens, ce journaliste polémiste à la plume acérée et notamment militant de la cause athée, d’une immense culture, a succombé à une pneumonie le 15 décembre 2011 , une des complications causées par un cancer à l’oesophage déclaré en 2010. Il avait 62 ans. Christopher Hitchens se décrit comme un antithéiste, défenseur des idées des Lumières. Il dénonce le concept d'un dieu « entité suprême » comme une croyance totalitaire qui détruit la liberté des individus, et souhaite que la libre expression et le progrès scientifique prennent le pas sur la religion. Son ouvrage intitulé Dieu n'est pas grand (God is not great en anglais) sur l'athéisme et la nature des religions a connu un immense succès lors de sa sortie en 2007.

Il est l'auteur notamment des livres suivants (traduits en français) :

 

  •    1995 La position du missionnaire, Verso
  •    2001 Les crimes de Monsieur Kissinger, Saint-Simon
  •    2001 Lettres à un jeune rebelle, Saint-Simon
  •    2002 Pourquoi Orwell importe, Basic Books
  •    2007 Dieu n'est pas grand: Comment la religion empoisonne tout, Belfond

Nous avions parlé de ce dernier livre dans notre 1ère lettre d'information.

Ne priez pas pour lui, il l'aurait mal pris !


LU DANS LA PRESSE

 Entretien :

Yves Bonnefoy : "La poésie, c'est ce qui reprend à la religion son bien"

Extrait de propos recueillis par Stéphane Barsacq et Jennifer Schwarz - publié le 30/12/2011

(http://www.lemondedesreligions.fr/entretiens/yves-bonnefoy-la-poesie-c-e...)

Membre du groupe surréa liste après la Libération, Yves Bonnefoy s’est fait connaître, dès 1953, avec Du mouvement et de l’immobilité de Douve. Poète majeur, traduit dans toutes les grandes langues, il est attaché à la présence des êtres et du monde, et a développé une œuvre ouverte : une œuvre en dialogue constant avec les peintres et les artistes, mais aussi avec les poètes étrangers, tels Shakespeare, Leopardi ou Yeats. Que ce soit au moyen de la prose, de l’essai ou du vers, Yves Bonnefoy revient, de livre en livre, avec insistance et profondeur, à ce qui environne tout un chacun : les arbres, les pierres, les sources, la neige et le rêve. Maître d’œuvre du Dictionnaire des mythologies, il aborde aujourd’hui les grandes questions qui ont orienté la pensée et la pra tique religieuse, et qu’il a lui-même interrogées, à la lumière de ce qu’il a longtemps appelé une « théologie négative », qui, avec le temps, s’est muée en « théologie positive », soit un acquiescement au monde, à ce que son maître intime, Rimbaud, nommait « la réalité rugueuse ». Rencontre avec un maître resté humble.

 

Vous liez souvent le sacré et la poésie pour les rapprocher, mais aussi les distinguer. La poésie est-elle pour vous le dernier refuge du sacré ? Vous avez écrit sur l’art gothique, la Rome de la Renaissance, mais vous avez aussi dirigé un Dictionnaire des mythologies. De quel espace sacré vous sentez-vous le plus proche ?

 

 Oui, le sacré. Et c’est vrai que j’ai employé ce mot, à époque ancienne dans mes écrits. Mais aujourd’hui je m’en garde. Je ne me sens plus en mesure de l’employer sans risquer des malentendus qui oblitéreraient, à mes yeux désastreusement, ce que je cherche à penser. Pourquoi ? Parce que ce que je disais le sacré, c’est en fait la chose ordinaire comme elle existe à côté de nous, avec nous, la chose avec laquelle nous partageons notre temps sur terre et qui demande donc d’être reconnue comme la réalité absolue, un mot, ce dernier, lui aussi tout simple mais dont je sais bien qu’il peut être bien mal compris, lui aussi. Le sacré, ce verre avec lequel boire. Le sacré, le pain et le vin, et la maison, le ravin, le bois proche, les êtres que nous aimons et qui sont là. Rien de religieux, vous le voyez donc, rien pour associer ce sacré à quelque système de croyances que ce soit, et quand je parle de transcendance à propos de ces choses du quotidien, c’est tout simplement parce qu’il y a dans la moindre d’entre elles une infinité d’aspects qui en fait de l’inépuisable pour tout projet de la dire, c’est une transcendance par rapport à la parole bien qu’une immanence dans le vécu.

 

 Mais j’ai eu à constater que cet emploi de « sacré » ne peut s’imposer contre les significations plus traditionnelles qui réfèrent à des religions, à de la croyance. Et je ne puis me prêter à cette équivoque, parce que pour moi la poésie, c’est ce qui plonge assez bas dans l’immédiateté de la pratique du monde pour y dissiper toutes les croyances, toutes les postulations de réalité métasensible. La poésie, si j’ose parodier Mallarmé quand il parle de la musique, c’est ce qui reprend à la religion son bien, lequel est une expérience de présence, dans la rencontre de ce qui est, que les croyances, les dogmes, nous dérobent, mais pour aussitôt l’affaiblir. Elle entend dissiper les mythes. Ceux-ci sont intéressants, passionnants même, mais par la perte de la plénitude de l’immédiat qu’on les voit faire et qu’il faut décrire et comprendre. J’ai conçu, en effet, et dirigé, un Dictionnaire des mythologies des sociétés traditionnelles et du monde antique. Mais qui collaborait à ce dictionnaire ? Jean-Pierre Vernant et ses amis du centre de sociologie de la Grèce antique, ou les chercheurs et les enseignants de l’École des hautes études. Et j’espérais, avec Mallarmé encore, ou Leopardi, que faire du mythe un objet d’étude aiderait la poésie à radicaliser son projet, à se faire ardente laïcité.

 

 Quelle différence établissez-vous entre poésie et mystique ? Ne participent-ils pas de la même démarche ? D’autant que certains grands mystiques furent aussi de grands poètes (Angelus Silesius, John Donne, Jean de la Croix). 

 

 C’est vrai que poésie et mystique ont en commun une expérience qui les distingue des religions et de leurs croyances. L’une et l’autre se portent dans la perception de ce qui est au-delà des lectures qu’on peut en faire avec le discours conceptuel. Mais c’est en venir à un point, un carrefour, où les deux voies se séparent. La mystique veut aller toujours plus avant dans la profondeur du réel, là où l’abandon de soi à l’unité prend le pas – et c’est comme une nuit – sur tout reste de représentation de choses : ce n’est pas seulement la langue des concepts qui est transgressée, ce sont les mots, la mystique tend au silence. Mais la poésie constate, en ce même point, que cette plongée est solitude, la présence grandissante de l’Un efface, avec le langage, le souvenir des autres êtres. Et sa décision, c’est alors de se souvenir du langage ; de considérer que le réel, ce n’est pas l’abîme cosmique mais la terre humaine ; et de revenir vers la société pour partager avec les hommes et les femmes du temps présent, historique, cette mémoire de l’infini de la chose dont je disais tout à l’heure que le conceptuel le fait méconnaître. L’infini du pain et du vin, ce qui permet le partage.

 La poésie n’est pas la mystique. Mais des mystiques, ainsi Angelus Silesius ou Jean de la Croix, peuvent être des poètes quand pour un moment, qui risque d’ailleurs de durer, ils se retirent du projet de la « nuit obscure ». Ils accomplissent alors ce mouvement de retour que je viens de dire. Et Rimbaud n’est guère différent d’eux quand il écrit Alchimie du Verbe, après « des silences, des nuits », de « l’inexprimable », des « vertiges ».

 

Qui lisez-vous parmi les auteurs vivants ?

 Tous les auteurs sont vivants. Baudelaire, à qui j’ai consacré depuis cinquante ans ces essais que je viens de réunir en volume, ou Shakespeare, que j’ai traduit pièce par pièce pendant la même période, sont vivants pour moi autant qu’aucun de mes contemporains, d’autant que les éditions critiques de leurs livres et pour Baudelaire ses lettres les rendent évidemment plus proches de nous que ces auteurs d’aujourd’hui dont nous ne connaissons que des pages, ou des tableaux. Qui je lis, parmi mes contemporains ? Qui voudrais-je lire ? Des poètes qui, certes, « feraient le négatif », dégageraient la réalité des représentations illusoires qui à travers les siècles l’ont recouverte ; mais qui sauraient aussi que ce travail du négatif n’a de raison d’être que pour que le positif reprenne ses droits, énonce librement ses valeurs, appelle à lui l’esprit réconcilié avec soi.

 

 Vous écrivez que Baudelaire a choisi « un chemin qui aille à la mort et que la mort grandisse en lui comme une conscience ». Pouvez-vous expliquer cette idée ? Quel rapport entretenez-vous avec la mort ?

 Comprenez que ce que j’appelle la mort n’est pas l’événement qui se produit sous ce nom mais ce fait fondamental que l’être humain est délimité dans le temps aussi bien que dans l’espace, qu’il est, essentiellement, finitude, et que c’est d’ailleurs pour cela qu’il est humain, puisque c’est cette condition qui l’incite à des choix, des jugements, et qui lui a donc permis à travers les siècles d’accéder à la capacité d’aimer, ce second degré du réel. Mais se savoir finitude n’est pas facile, tous les rêves sont là pour l’oublier. Baudelaire est grand poète parce que, rêveur comme un autre, et capable de bien beaux rêves, il a choisi de ne pas rêver.   


 DERNIÈRES PUBLICATIONS ET À PARAÎTRE

    Le fruit défendu - Pour une éthique laïque

     de Paul Kurtz

     Vincent Ramos (Traducteur)

     Editions H&O

Paru le : 18 février 2011

 http://www.decitre.fr/livres/Le-fruit-defendu.aspx/9782845472204

 

Dans un monde en constante évolution, les morales religieuses peuvent-elles encore servir de guide à l'humanité ? Des lois intangibles établies il y a quelque 2000 ans peuvent-elles régir à jamais notre " vivre ensemble ".

 Et d'ailleurs, la croyance en Dieu est-elle une garantie de vertu morale ? Pour Paul Kurtz, éminent philosophe américain, la réponse est, à l'évidence, négative. Car non seulement, les méfaits commis par des individus au nom de la religion sont innombrables, mais tous les États théocratiques se révèlent être des systèmes totalitaires. À l'échelle individuelle comme à celle des sociétés, la morale religieuse a fait la preuve de son impéritie : loin de refréner la violence des hommes, elle l'exalte et lui donne une caution.

 Alors, l'Homme peut-il adopter une conduite éthique en dehors du cadre de la religion ? En examinant l'histoire de l'humanité, on s'aperçoit qu'il l'a toujours fait. Après avoir étudié l'avis des philosophes sur cette question, Paul Kurtz pose les bases d'un vivre bon - véritable " mode d'emploi " pour une vie éthique - pour les individus comme pour les États. Il y aborde des questions très concrètes telles que l'éducation des enfants.

 les droits de l'homme, la vie privée, la liberté sexuelle, etc. Il examine ensuite comment ce vivre bon doit nécessairement déboucher sur un vivre bien, qui permet à chaque individu de faire face aux vicissitudes de la vie, à l'angoisse de la mort et à tous les problèmes existentiels. Oui, la vie peut être belle lorsqu'on s'est enfin débarrassé des contraintes de l'irrationnel et que l'on croque sans peur dans le fruit défendu !


 L'Athéisme: fin du religieux ou avenir de la religion ?

 de Adrien Morel

 Editions du promontoire

http://www.amicaleathee.org/Livres-Etudes/latheisme-fin-du-religieux-ou-...

 

 Afin de présenter et de faire connaître son livre : «Dieu et l’Homme»,  Adrien Morel a décidé d’effectuer des conférences. Ayant rédigé le texte de celles-ci, il s’est rendu compte du fait qu’un large public, tout en

é tant intéressé par son propos, ne ferait pas l’effort de lire un livre de 340 pages sur la question. Il a alors eu l’idée d’étoffer et de développer le texte de ses conférences, qui est écrit dans une langue extrêmement accessible, orale et de l’éditer sous forme d’un petit livre, pour répondre aux attentes de ce public.

 Le résultat est un livre de 156 pages, très facile et rapide à lire, qui présente l’essentiel du raisonnement d’Adrien Morel et introduit sa démarche. Répondant ainsi aux attentes de la plupart des lecteurs. Ce livre doit être lu en premier.

Après des siècles au cours desquels la science n’a demandé de comptes à Dieu qu’a partir des sciences de la nature ou de la matière, l’avènement, en cours, des sciences humaines permet d’aller beaucoup plus loin dans la compréhension, l’interrogation et la définition du divin et du surnaturel.

 La ligne générale de cet ouvrage est la mise en perspective de la religion par les sciences de l’homme. Avec à la clé une définition de Dieu qui va en surprendre plus d’un. Et à l’arrivée, la restitution d’une spiritualité, peut-être même d’une pratique religieuse, à ceux qui ne croient plus.

 En effet pour l’auteur, une fois les religions débarrassées de leur dimension surnaturelle, reste l’essentiel.

 L’athéisme, de ce fait et à condition d’achever sa maturation, reçoit ainsi paradoxalement l’objectif et trouve ici les moyens de devenir la forme la plus moderne de la spiritualité, qui en fera l’avenir de la religion. De toutes les religions.

Rédigé initialement pour servir de support à des conférences, ce texte écrit pour le grand public dans un style oral est de plus très facile à lire. Il constitue la meilleure introduction à l’oeuvre de l’auteur.

 Que vous soyez croyant ou non, laissez vous emporter par cette présentation à l’issue de laquelle vous découvrirez Dieu et la religion sous un jour inattendu et libérateur, qui redonne un sens et un avenir à la civilisation.

 Adrien Morel qui signe ici son premier ouvrage et en a publié depuis un second, est psychologue, anthropologue et linguiste.


CITATIONS, HUMOUR, ...

"Si nous voulons changer les conditions existantes, nous devons d'abord nous transformer nous-mêmes, c'est-à-dire devenir conscients de nos actions, de nos pensées, de nos sentiments dans notre vie quotidienne."

 (Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / De l'Education / 1967)

 

«Il n'y a pas assez d'amour et de bonté dans le monde pour avoir le droit de faire encore des donations à des êtres imaginaires. »

(Nietzsche 1844-1900)

  

« Notre Père qui êtes aux cieux , restez-y »

 (Jacques Prévert 1890-1977)

 


SUR LA TOILE  

L'offensive "anti-blasphème" des pays musulmans

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/12/24/l-offensive-anti-blasph...

C'est une bataille sourde, aux ressorts philosophiques, aux enjeux idéologiques, que se livrent depuis plus de dix ans les représentants de tous les pays dans les salles et couloirs feutrés de l'Organisation des Nations unies (ONU), à New York. Une sorte d'avatar intellectuel du supposé "choc des civilisations", une notion définie, à la fin des années 1990, par l'intellectuel américain Samuel Huntington.

 

Depuis 1999, tous les ans, les 57 pays de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) s'efforcent de promouvoir, devant la commission des droits de l'homme de l'ONU, le concept de "diffamation des religions", un faux nez pour imposer au monde un controversé "délit de blasphème", surtout en vigueur dans les pays musulmans. Et chaque année les pays occidentaux, rejoints par l'Amérique latine et l'Afrique, s'y opposent fermement au nom de la liberté d'expression et du droit international.

 La campagne de l'OCI, censée combattre l'"islamophobie" ressentie, selon ses membres, par les musulmans à travers le monde, a notamment été portée par le Pakistan. Et ce n'est pas un hasard : ce pays a instauré en 1986 une loi "anti-blasphème" parmi les plus dures au monde. Et, contrairement à la plupart des pays, y compris occidentaux, qui ont conservé ce délit dans leur législation, le Pakistan n'hésite pas à la mettre en oeuvre de manière extrêmement rigoureuse. L'affaire d'Asia Bibi, cette jeune chrétienne condamnée à mort en novembre 2010 pour "blasphème" après une altercation avec des villageoises, en est l'une des plus cruelles illustrations.

 Au niveau international, l'offensive "anti-blasphème" des pays musulmans remonte à 1999 : cette année-là, ils proposent de faire voter les membres de la commission des droits de l'homme sur une résolution condamnant la "diffamation de l'islam". "Tous les Etats sont appelés à prendre des mesures pour combattre la haine, la discrimination, l'intolérance et les actes de violence, d'intimidation et de coercition motivés par l'intolérance religieuse, y compris les attaques contre les lieux de culte, et pour encourager la compréhension, la tolérance et le respect en matière de liberté de croyance et de religion", indique le texte.

Lobbying occidental

A l'époque, la commission des droits de l'homme accepte ce principe, se contentant d'élargir l'intitulé au-delà de l'islam pour évoquer plus largement la "diffamation des religions". De 2001 à 2010, une résolution, non contraignante, mais non dénuée de portée symbolique et politique, est votée sur ce thème chaque année, y compris par la Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité.

Mais, au fil des années, les discussions se durcissent, les arguments s'affûtent, le lobbying occidental s'accroît et le nombre de pays défendant un tel texte ne cesse de diminuer, malgré la détermination des pays de l'OCI. Ces derniers, soulignant une "poussée de la culture et de la rhétorique antireligieuses" à travers le monde et dénonçant "l'assimilation des musulmans à des terroristes", notamment après le 11 septembre 2001, souhaitent même faire de la condamnation de la "diffamation des religions" un additif officiel aux textes onusiens.

 Aux yeux des pays occidentaux, cette approche apparaît de plus en plus clairement comme un moyen de limiter la liberté d'expression, notamment celle des opposants à des régimes autoritaires ou celle des minorités religieuses dans des pays majoritairement musulmans. Soutenus par des groupes de défense des droits de l'homme et de la liberté d'expression, des représentants de toutes les religions et des groupes d'athées, les pays occidentaux parviennent, début 2011, à infléchir le sens du texte. S'il reconnaît "une intolérance, une discrimination et une violence" à l'égard des croyants dans toutes les régions du monde, le texte ne fait plus référence à la "diffamation" des religions : il condamne "toute incitation à la haine religieuse contre des croyants" et appelle les gouvernements à agir pour prévenir de tels comportements.

 L'accent mis sur la protection des individus plutôt que sur la défense d'une croyance est considéré comme une victoire par les défenseurs de la liberté d'expression. "Les droits de l'homme ne protègent pas et ne doivent pas protéger des systèmes de croyance", plaide le représentant de l'Union européenne à l'ONU dès 2009. Les diplomates des pays de l'OCI ont toutefois averti qu'ils ne renonceraient pas à militer pour une loi contre le blasphème s'il apparaissait que les pays occidentaux ne protégeaient pas suffisamment les fidèles musulmans.

 

S. L. B.


 

     Newsletter du cercle d’athéisme de Toulouse

     Une activité de l’UPPT

     Rédacteur : jean-Luc Mouillé - Responsable de publication : Eric Lowen