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ZÉTÉTIQUEMENT VOTRE N°5 – Mai 2012

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Bien cordialement
Neset Mandi

 


Nous vous invitons à une conférence exceptionnelle de

Guillaume Lecointre, du Museum de paris

Samedi 26 mai à 14h30
 

Les sciences face aux créationnismes :
qui doit parler aux créationnismes ?

150 ans après les premiers travaux de Darwin, de toutes les questions scientifiques actuelles, l'évolution biologique des espèces est celle qui suscite le plus de réactions hostiles, soit directement par les créationnistes de diverses religions (chrétiens, musulmans, ... ), soit par des “cryptocréationnistes” tels que les tenants de l'intelligent design. Polémiques virulentes et multiformes, où l'on trouve autant la contestation de la scientificité de l'évolution biologique des espèces, que des tentatives de présenter des croyances religieuses comme scientifiquement prouvées. Guillaume Lecointre, du Muséum National d'Histoire Naturelle, vient faire le point sur ces questions.

Attention : cette conférence sera accessible uniquement sur inscription préalable par mail ou téléphone auprès de la Maison de la philosophie.

 


 

Voici la présentation du livre récent de Guillaume Lecointre

Les sciences face aux créationnismes
par son éditeur QUAE

 

 

Guillaume Lecointre est systématicien, chercheur et professeur au Muséum national d’histoire naturelle, où il dirige le département Systématique et évolution. Il a été directeur
de l’École doctorale Sciences de la nature et de l’homme. Il s’est beaucoup investi dans la
formation des enseignants dans les domaines de la systématique et de l’évolution. Il a codirigé huit livres dont plusieurs contre l’instrumentalisation des sciences. Durant dix ans, il a animé la chronique scientifique de l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

Les théories scientifiques sont-elles une affaire d’opinion ? A-t-on vu des politiques donner leur avis sur la théorie atomique, la théorie de la dérive des continents, la théorie des cordes ? Alors, quel problème pose donc la théorie de l’évolution ?

Dans cet ouvrage, l’auteur examine les stratégies des discours pseudoscientifiques de divers courants créationnistes qui sollicitent la communauté scientifique pour qu’elle participe à une « quête de sens ». Il met au coeur de ce problème la question sur les critères de scientificité et place l’enjeu sur l’enseignement des sciences. En effet, contrairement à ce que prétendent les créationnismes qui se présentent comme victimes du dogmatisme, le combat des scientifiques n’engage pas des théories ou des faits mais témoigne de leur attachement au respect des méthodes scientifiques. L’une des actions majeures des scientifiques revient alors à expliciter pour le public la nature de leur contrat méthodologique. Il en va pour le futur de ce qu’on enseignera comme «science» à l’école publique.

Points forts :
• Fournit de façon claire des clés d’identification d’un discours scientifique.
• Explicite les stratégies des créationnistes pour remettre en cause la théorie de l’évolution.
• Évoque les liens entre les sciences et les pouvoirs politiques.
• Expose des cas de pressions fortes d’ instrumentalisation de la science.
• Une expression simple, à la portée de tous ceux, scientifiques ou non, qui s’intéressent aux moyens d’un partage des savoirs scientifiques.
 

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INFORMATION

 

Encore des Bogdanov

 

   

Suite à une nouvelle procédure judiciaire des Bogdanov, le 14 mars 2012, le cosmologiste Alain Riazuelo a été condamné à 1 euro de dommages et intérêt et 2000 euros d'amende avec sursis pour violation du droit d'auteur. Il critiquait les ouvrages et les thèses des Bogdano et il avait publié la version initiale de la thèse de Grichka Bogdanov sans lui avoir demandé sa permission...

Le propre aveu des Bogdanov « La violation du droit d'auteur était notre dernier moyen de le faire taire pour qu'il cesse de se comporter comme un délinquant », reconnaît Igor Bogdanov dans les colonnes du Monde <http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/04/20/les-chercheurs-et-la-menace-bogdanov_1688106_1650684.html> .

Ce que les Bogdanov appelle "délinquance" est quelque chose de très naturel en sciences : cela s'appelle la critique libre par les scientifiques de tout ce qui se réclame de la science.

Vous pouvez voir sur le site du magazine "Ciel et Espace" la pétition signée par 300 scientifiques (le 4 mai) :

http://www.cieletespace.fr/node/8909

 

Neset MANDI
8 mai 2012

 


 
Dernières informations sur l'apocalypse de 2012

 

Les dangers de l'apocalypse
Publié le 05 février 2011 à 13h26
http://www.lapresse.ca/sciences/en-vrac/201102/05/01-4367370-les-dangers-de-lapocalypse.php

 

Interview par Mathieu Perreault  de Lorenzo DiTommaso, professeur à l'Université Concordia, s'intéresse aux méfaits de la croyance en l'apocalypse et aux autres mythes entourant la fin du monde. La peur de l'apocalypse joue un rôle de plus en plus grand dans le monde moderne. C'est du moins la conclusion de Lorenzo DiTommaso, spécialiste du domaine et professeur de religion à l'Université Concordia. Le chercheur montréalais, qui en voit l'influence dans les débats sur l'environnement et dans le fondamentalisme religieux.

Q Pourquoi vous intéressez-vous à l'«apocalypticisme»?

R La croyance en l'apocalypse est l'une des plus toxiques qui soient. Je m'y suis intéressé dans le cadre de mes études en religion, mais j'ai rapidement constaté à quel point cette idée transcende les sociétés. À la base, il y a deux concepts: une dichotomie entre le bien et le mal, et l'idée que le monde dans lequel nous vivons est si dégénéré qu'il faut le supprimer pour qu'advienne un monde meilleur. On retrouve cette idée chez les peuples qui se sentent opprimés, qui sentent leur culture menacée. Elle ne connaît pas de frontières religieuses, idéologiques, culturelles.

Q Pouvez-vous donner des exemples actuels?

R Il y a évidemment les sectes. Mais prenez la Corée du Nord, l'Iran, les fondamentalistes islamistes qui rêvent d'une victoire de l'islam sur l'Occident, l'extrême droite qui se sent menacée en Europe et aux États-Unis: ce sont tous des exemples d'apocalypticisme. Ou, dans un contexte différent, l'environnement: certains défenseurs de la planète veulent mettre un terme à toute activité industrielle, voire réduire le nombre d'humains. De l'autre côté, des chrétiens évangéliques disent que l'environnement n'est pas important parce que, de toute façon, le monde va bientôt connaître l'apocalypse. Le problème, c'est qu'on prend des questions complexes - sous-développement, pollution, rivalités entre pays et entre religions, immigration - et qu'on le voit en blanc et en noir, sans compromis. Ça ne mène nulle part et introduit une certaine torpeur dans les populations, qui deviennent convaincues qu'elles sont impuissantes à résoudre leurs problèmes.

Q Pensez-vous que l'apocalypticisme joue un rôle en Égypte actuellement?

R J'espère que non. La population semble prendre son avenir en main. Mais il est toujours possible que les changements politiques mènent à un régime totalitaire et sur la défensive comme en Iran. La révolution iranienne, en 1979, semblait elle aussi promise à un bel avenir avant que les fondamentalistes s'en emparent. L'apocalypticisme va souvent de pair avec les mouvements islamistes fondamentalistes. Ils ont en commun une division nette entre le bien et le mal et l'idée que la solution est transcendante, dans un monde différent du nôtre. On le voit en Afghanistan ou avec le problème israélo-palestinien.

Q D'où vient l'idée de l'apocalypse?

R On en voit la première mouture dans le livre de Daniel, qui relate l'exil juif à Babylone. Le christianisme a hérité de cette tradition - Jésus a été le prophète apocalyptique le plus marquant. Le livre le plus frappant du Nouveau Testament, l'Apocalypse selon saint Jean, est le livre apocalyptique le plus influent de tous les temps.

On peut même dire que c'est le livre le plus important qui ait jamais existé. Il fallait probablement qu'il y ait des conditions sociopolitiques adéquates pour que naisse cette idée - l'exil à Babylone et l'asservissement par les Romains. Il fallait l'idée juive que le mal est une entité en soi, qu'il ne s'agit pas du péché ou d'une mauvaise chose, mais d'une force agissante dans le monde, qui rend impossible l'existence d'un monde juste. Jésus sauve le monde par sa mort, qui mène à une nouvelle création.

Il y a aussi l'influence persane du zoroastrisme, qui était marqué par une profonde dichotomie entre le bien et le mal. Toutes ces conditions étaient réunies au Proche-Orient, il y a 2000, 2500 ans. Ç'a l'air évident de notre point de vue, cette idée que le monde va bientôt arriver à sa fin, mais pour plusieurs cultures actuelles, pour des milliards de personnes, le temps est cyclique et non linéaire, il n'y a pas de fin possible, de destruction et de renaissance. L'apocalypticisme a besoin d'un temps linéaire.

Q Vous dites que l'apocalypticisme est en progression depuis les années 60. Sur quoi fondez-vous cette conclusion?

R On le voit dans notre culture, qui regorge de best-sellers comme la série Left Behind et de récits de fin du monde. On n'a qu'à penser à 2012 ou aux films sur les météorites produits il y a quelques années. La désignation du bien et du mal fait partie de notre discours politique. Pensez à George W. Bush et à son axe du mal. Dans la musique, dans les jeux multijoueurs sur l'internet, dans notre perception de l'environnement, on retrouve sans cesse des notions d'apocalypse.

Les solutions doivent venir de l'extérieur, pas de notre monde; il faut un renouveau, faire place nette. L'internet a joué un rôle important dans cette évolution, il y a eu une accélération avec le nouveau millénaire. Une personne apocalyptique du Missouri peut maintenant trouver instantanément des âmes soeurs aux quatre coins des États-Unis, aux quatre coins du monde.

J'y réfléchis depuis une quinzaine d'années et je suis toujours frappé et troublé de constater à quel point cette idée gagne en influence.

Q Pouvez-vous parler davantage de l'apocalypticisme environnemental?

R L'idée est de se soustraire à toute responsabilité et d'imaginer une solution magique qui fait abstraction de la réalité. On peut nier le problème, nier la réalité, comme les climatosceptiques. Ou penser que Dieu pourvoira, comme mère Teresa, qui demandait pourquoi on devrait se soucier de la Terre quand il y a tant de pauvres et de malades. À l'opposé, il y a les gens de Earth First, qui veulent se débarrasser de toutes les voitures. La position mitoyenne est inconfortable, c'est sûr, mais c'est la seule qui soit réaliste: l'humanité ne disparaîtra pas, la planète non plus, la nature et l'humanité trouveront forcément un moyen de coexister. Je pense que le débat sur le gaz de schiste au Québec est assez représentatif d'une réponse adéquate à l'apocalypticisme de ceux qui, d'un côté, voudraient interdire complètement cette industrie et ceux qui, de l'autre, considèrent que toute remise en question est un crime économique.

Q L'apocalypticisme serait en quelque sorte une vue immature de la réalité?

R Oui, c'est une réponse simpliste à des problèmes complexes. Comme George W. Bush, on ferme la porte à tout dialogue. On attend que la réponse au problème vienne d'un monde transcendant, formellement ou concrètement: Dieu, le messie, Obama ou encore les forces de l'histoire du marxisme.

Article trouvé par Eric Lowen
http://www.lapresse.ca/sciences/en-vrac/201102/05/01-4367370-les-dangers-de-lapocalypse.php
8 mai 2012