Newsletter N°2 - Décembre 2011

EDITO 
par Jean-Luc Mouille

 
Je voudrais revenir sur ce que je disais dans la lettre d'information précédente quant aux agissements de certains groupuscules religieux. Comme vous avez du le voir ou l'entendre des manifestations d'intolérance ont eu lieu sur tous les fronts. Le plus navrant est l'ambiguïté des personnes dites modérées (!?! ), le meilleur exemple en est Christine Boutin ( qui a fait acte de candidature pour les prochaines élections présidentielles ) :
 
tiré de lepoint.fr <http://lepoint.fr>  :http://www.lepoint.fr/societe/christine-boutin-condamne-les-manifestations-d-integristes-contre-golgota-picnic-09-12-2011-1405647_23.php )
 
 Christine Boutin, candidate du Parti chrétien-démocrate (PCD) à la présidentielle, a condamné, vendredi sur France Inter, les manifestations de catholiques intégristes contre la pièce de théâtre Golgota picnic de l'Argentin Rodrigo Garcia.

"Je suis contre la censure, je préfère la liberté d'expression", a encore déclaré Christine Boutin, qui avait pourtant sévèrement jugé Golgota picnic dans un communiqué du 16 novembre dernier. Évoquant une "injure inacceptable", un "spectacle navrant", elle avait estimé : "Les chrétiens et leurs symboles les plus sacrés sont régulièrement parodiés et piétinés." Christine Boutin avait aussi demandé au gouvernement et aux collectivités de "retirer tout soutien public à cette pièce", celle-ci étant jouée dans le cadre du Festival d'automne de Paris, qui bénéficie de subventions publiques (*).

Une veillée, à laquelle Christine Boutin a participé, réunissait plusieurs milliers de fidèles choqués devant l'église de Notre-Dame.
Vendredi, interrogée pour savoir quel était le "problème" de cette pièce, elle a répondu: "Je ne sais pas quel est le problème. Apparemment, il y a une représentation du Christ qui, je comprends, peut blesser des catholiques et des chrétiens."
 
J'ai comme l'impression que les procès en sorcellerie ont encore de beaux jours devant eux !

(*) : A propos de soutien public et de subventions,  dimanche matin sur France2 :
Islam - Source de vie - Présence protestante - Le jour du seigneur ... heureusement qu'au moment de la quête on peut zapper sur une autre chaine !!!
  

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LU DANS LA PRESSE        

 
Interview

Elisabeth  Badinter : "Un peu de kantisme dans notre société serait bienvenu" 
Le monde des religions : propos recueillis par Jennifer Schwarz - publié le 28/09/2011
(http://www.lemondedesreligions.fr/entretiens/elisabeth-badinter-un-peu-de-kantisme-dans-notre-societe-serait-bienvenu-28-09-2011-1894_111.php)
  
Pour la philosophe Élisabeth Badinter, la fin des grandes idéologies du XXe siècle a fait place à un désarroi, à un vide de sens qu’il s’agit de combler pour contrer le retour en force du religieux et la tentation du fondamentalisme, et ainsi défendre la laïcité française.

 
 Dans son dernier ouvrage, Chantal Delsol développe l’idée que nous sommes passés de l’âge de la déconstruction à l’âge du renoncement fataliste. L’athéisme est-il, selon vous, synonyme d’une forme de nihilisme ?

La fin de l’imperium de la loi religieuse serait pour moi un grand progrès de l’humanité. La religion est certes une grande consolation - les Norvégiens se sont retrouvés dans les églises après la tragédie du 22 juillet -, mais elle est trop souvent, à mes yeux, source d’intolérance, voire de guerre. Je suis de ceux qui pensent que ce sont les sionistes religieux qui, en Israël, empêchent en partie la paix, à l’instar des islamistes radicaux. Croire en Dieu doit rester une affaire intime, une pratique intériorisée. L’excès d’extériorisation du religieux, les rituels qui deviennent sacro-saints, le renfermement sur sa communauté à l’exclusion des autres groupes, est profondément contraire à mon universalisme, à ma philosophie avant tout fondée sur la conviction que nos ressemblances nous unissent. Sortir de cette soumission à la vérité religieuse reviendrait à sortir de l’enfance.
 
 Malheureusement, je ne considère pas que les orthodoxies religieuses soient en perte de vitesse en Occident ou que nous revenions à une forme de sagesse antérieure au christianisme. Il n’y a pas de retour en arrière et je ne crois pas au temps cyclique. Nous assistons, au contraire, à un formidable retour en force du religieux depuis une vingtaine d’années, tant dans le judaïsme que dans l’islam.
 
 Par exemple, depuis les années 1990, s’impose l’idée qu’un bon Juif doit absolument manger casher et les kippas jadis réservées au moment des prières se répandent de plus en plus dans l’espace public, au cas où l’on prononcerait le nom de Dieu chez son épicier ! Il en est de même chez un nombre grandissant de musulmans : manger halal, cacher les cheveux des femmes et les formes de leur corps. Si le catholicisme traditionnel est en perte de vitesse, on voit s’implanter très vite dans les banlieues de nouvelles formes réactionnaires de sectes chrétiennes telles les évangéliques qui nous viennent des États-Unis.
 
 Je ne comprends pas ce besoin actuel d’exhiber une identité religieuse et de se définir par opposition aux autres qui deviennent des étrangers. Je retrouve ce même état d’esprit dans le combat féministe américain des années 1980 qui a largement gagné nos côtes et qui exalte de la même manière les différences homme-femme. De par leur puissance de reproduction, les femmes seraient détentrices de comportements et de valeurs différentes permettant d’équilibrer le monde viril fait de compétition, d’agression. Malheureusement, cette conception du monde qui nous réduit au biologique l’emporte aujourd’hui, et notamment au sein du Parti socialiste, au travers de la philosophie du « care », défendue par Martine Aubry.
 
 La quête de la vérité a-t-elle, selon vous, disparu ?

 Chantal Delsol a raison sur certains points mais pour ma part, je ne considère pas que nous ayons abandonné la quête de la vérité. La pulsion, le désir de vérité est sans fin. En ce sens, je me distingue radicalement du stoïcisme qui, soit dit en passant, a été très longtemps pour moi une philosophie de la consolation. Elle m’a aidée à répondre à une question obsédante : comment supporter la vie dans un camp de concentration ?
 Pour en revenir à la vérité, si nous n’y avons pas renoncé, nous avons, en revanche, perdu le goût des grandes idéologies. Celles du XXe siècle nous ont vaccinés pour un petit moment ! Nous nous retrouvons, à présent, dans le vide. Cela me semble légitime et sain après ce que le communisme et le nazisme nous ont fait subir. Ce vide est l’effet d’une crise profonde et très déconcertante, mais aussi fructueuse. Nous rebattons les cartes. Je n’ignore pas que les nouvelles générations en souffrent, et c’est là, peut-être, un facteur de renforcement du religieux.
 
 Est-il, selon vous, nécessaire de fonder une nouvelle éthique ?

 Mon ambition reste que chacun puisse accéder à la responsabilité. Il paraît nécessaire, non de créer une nouvelle morale, mais de revenir aux fondements de la morale universelle. Un peu de kantisme serait bienvenu. Nous vivons, en parallèle à la fin des idéologies, une révolution technologique qui bouleverse nos rapports humains, notre façon d’accéder au savoir, les relations entre les individus, mais aussi une révolution des mœurs inouïe… Je perçois cela avec un enthousiasme très réconfortant. Quelque chose de neuf se construit, même si nous sommes débordés par la rapidité des changements, même si nous ne sommes pas encore capables de penser la globalisation et la mondialisation. Observez la pauvreté de notre pensée, au niveau mondial. Elle est sans génie. Notre littérature est pauvre et je suis frappée de voir à quel point ma génération post-soixante-huitarde est d’une médiocrité philosophique incroyable par rapport à celle de nos maîtres.
 
 Mon regard d’historienne m’aide à prendre du recul : il existe de nombreuses périodes, dans l’histoire, de désert de talent et de pensée. Cela peut durer un demi-siècle ou plus. Le désarroi actuel est si profond que la tentation du retour à la pureté initiale, au fondamentalisme, est grande. Cette tentation de nous dire : « Nous nous sommes trompés, nous avons fait fausse route en nous fourvoyant dans le consumérisme, dans un monde d’artifices. Revenons aux éternels fondamentaux : Dieu et/ou la nature qui ne nous trompent pas… »
 
 Dans votre dernier ouvrage, Le Conflit, la femme et la mère, vous évoquez un risque de retour au naturalisme…

 Il y a une tentation de retour à des fondements de la sagesse humaine, mais pas au sens où l’entend Chantal Delsol. La société occidentale est scindée entre deux visions de l’homme. Il y a d’un côté cette tentation de retour à la nature, à ses fondements, et de l’autre, il y a ceux, comme moi, pour qui une rupture doit continuer d’exister entre l’homme et l’animal. Ces deux positions sont antithétiques.
 
 Vous croyez donc au propre de l’homme.

 Oui, s’il n’y a pas de propre de l’homme, alors nous devons nous soumettre aux lois naturelles avec tout ce que cela comporte d’injustice et de souffrance. En ce sens, une mère se doit d’allaiter son enfant comme n’importe quel mammifère. Notre condition d’être humain nous fait, selon moi, sortir de cet état de nature parce que nous avons un inconscient et des désirs différents. Nous restons certes des mammifères, mais nous pouvons, en raison de notre histoire et de notre inconscient, adopter des comportements radicalement distincts les uns des autres. Il n’existe donc pas une espèce humaine unifiée comme les autres espèces animales.
 
 L’histoire, la culture, l’environnement sont des facteurs beaucoup plus puissants à mes yeux que le biologique. Je me définis comme cartésienne, mais sans la dimension extrême de René Descartes. Je ne comprends pas que l’on puisse donner la priorité à la biodiversité naturelle plutôt qu’à l’homme. Comment peut-on, par exemple, imposer des loups aux bergers et sacrifier l’homme et ses intérêts au respect de la biodiversité ? La nature évolue. Des espèces disparaissent, d’autres apparaissent. Rien n’est éternel. Je ne comprends pas le point de vue catastrophiste des vrais tenants du naturalisme. En ce qui me concerne, je mets l’homme au cœur de tout, mais pas à n’importe quel prix.
 
 La libération de l’individu a-t-elle entraîné des effets pervers que vous déplorez ?
L’individualisme extrême, qui est trop souvent le nôtre, m’inquiète. Nous sommes passés en l’espace de quarante ans - soit de manière très brutale - d’un modèle à un autre, avec les excès que cela comporte. Je ne sens plus bien la volonté de vivre ensemble. Nous sommes vraiment dans le « chacun-pour-soi ». En conséquence, nous assistons à un mépris de la loi collective et démocratique qui me bouleverse. La pulsion est devenue toute-puissante comme un effet pervers de la reconnaissance très positive des désirs de l’individu. Aucune société ne peut survivre sans le respect de la loi. Cela renvoie à une forme de barbarie.
 
 Malgré ces effets pervers, je ne regrette pas la révolution des mœurs. L’allongement de la durée de la vie n’est pas seulement dû aux progrès scientifiques, mais à cette évolution psychologique qui libère les êtres humains, hommes et femmes, du carcan des normes obligatoires. La reconnaissance, par exemple, grâce à la psychanalyse, puis au féminisme, de la bisexualité humaine - chacun d’entre nous étant un composé exceptionnel de féminité et de virilité - a été fort propice au fait que nous puissions aujourd’hui vivre plus longtemps.
 
 Quels sont, selon vous, les combats à mener les prochaines années ?

 En dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité. Au sein de la gauche, le combat a été complètement abandonné, si ce n’est par Manuel Vals. La gauche a laissé s’installer l’équation suivante : défense de la laïcité égal racisme. Cela est tragique. Je me bats aussi pour l’égalité des sexes, la gestation pour autrui, l’adoption par les couples homosexuels. Le retard de nos représentants sur ces questions est d’une part lié à la sacralisation de la nature et, d’autre part, à la vitesse des changements sociétaux.
 

Élisabeth Badinter        
 
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DERNIÈRES PUBLICATIONS

 
Les Métamorphoses du ciel : De Giordano Bruno à l'abbé Lemaître
Jean-François Robredo  - Editions  PUF
Date de parution : 09/11/2011

 
 
 
  
Y a-t-il une vérité des étoiles ? Le désir de répondre à cette question est inséparable de l’histoire de l’humanité. Les récits mythiques, les révélations religieuses, aujourd’hui les théories scientifiques : autant de pistes dans une quête qui semble aussi nécessaire qu’infinie. Parcourir l’histoire des métamorphoses du ciel, c’est donc revivre les enthousiasmes, les coups de génie, les drames, les révolutions, les stupéfactions et les espoirs qui se sont succédé.
 La condamnation par l’Église de Giordano Bruno au bûcher, en 1600, est un épisode des plus marquants et émouvants de cette chronique. Avec l’avènement de la science moderne et ses « nouvelles vérités », la guerre semblait plus inévitable et violente que jamais. Pourtant, au cours du XXe siècle, l’abbé belge Georges Lemaître, inventeur de la théorie du Big Bang, a su libérer à la fois la recherche scientifique et l’interrogation métaphysique, religieuse ou philosophique. Sa contribution majeure méritait une analyse détaillée accessible à tous.
 Que voyons-nous aujourd’hui en levant les yeux vers le ciel ? Le désir de comprendre est-il satisfait ? En s’enrichissant des découvertes les plus récentes (distorsions spatiales, paradoxes temporels, catastrophes cosmiques, vestiges des commencements, etc.), le ciel se métamorphose encore. Et notre pensée est plus profonde, plus libre et plus apaisée.
 
 
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Délivré de Dieu : Itinéraire d'un évangéliste devenue militant de l'athéisme
Dan  Barker - éditions H&O
Date de parution : 04/11/2011

 
 
A quinze ans, Dan Barker a placé sa vie sous le signe de la bible en décidant de devenir pasteur. Persuadé du retour imminent de Jésus, il a parcouru les Etats-Unis et le Mexique pour sauver des âmes. Il a voué sa vie à Dieu. Et puis, au fil des ans et des prêches, il lui est apparu que quelque chose clochait avec les enseignements des évangiles. Il s'est demandé comment un Dieu de bonté pouvait avoir créé un monde si plein de malheurs et de souffrances. Il a traversé toutes les étapes du doute et du questionnement. Il a craint de renoncer à un statut qui lui valait le respect de tous. Mais il a finalement rejeté la foi pour devenir l'un des plus fervents défenseurs de la raison et de l'humanisme. Ce n'est pas seulement ce cheminement hors du commun qu'il nous raconte ici. Il expose également toutes les raisons qu'il y a de réfuter l'existence d'un dieu tel que le décrivent les religions. Il examine avec acuité toutes les failles du christianisme : incohérences des évangiles, historicité douteuse de Jésus, construction de la légende de la résurrection, mensonges des pères de l'Eglise. Il se penche enfin sur les problèmes que pose la bible comme source de morale : inefficacité de préceptes absolus et contradictoires, possibilité d'interprétations divergentes, médiocrité des "modèles" proposés. Délivré de Dieu, Dan Barker s'est trouvé débarrassé de croyances absurdes et irrationnelles qui, au final, apportent aux hommes davantage de discorde que de consolation.
  

Biographie de l'auteur
Dan Barker est l'actuel co-président de la Freedom From Religion Foundation, association de promotion de la libre-pensée et de la séparation des Eglises et de l'Etat. Il est apparu dans de nombreuses émissions de télévision et de radio à l'occasion de débats sur l'athéisme et la place des Eglises dans la société américaine.

  
Chronique d'un coming-out  (http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29021)<http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29021%29>
Coming-out, c'est l'un des termes qu'utilise  Dan Barker pour qualifier son passage du statut d'évangéliste à celui d'un militant de l'athéisme. Il implique donc une prise de conscience aiguë et la révélation à son entourage d'une nouvelle identité venant bouleverser la précédente.
 Les propos de l'auteur sont ceux d'un homme qui a vécu sous deux modes de pensée. Contrairement aux convertis à une nouvelle religion, le nouvel athée ne prédit pas les pires malheurs à celui qui ne suivrait pas sa voie. C'est donc un parcours intéressant pour tous, y compris les croyants, dont il nous offre le récit.
 De ses activités de compositeur militant et de prêcheur évangéliste, il nous décrit les joies, les "trucs" et les angoisses qui le minent jusqu'à un déni complet de ses convictions de jeunesse.
 Puisque nous sommes avec un militant, il raconte ensuite les heurs et malheurs intellectuels et humains de cette conversion à la libre pensée.
 Erudit, il présente une étude critique des textes bibliques : avec de longs développements sur les diverses traductions du livre sacré, les incohérences du nouveau testament et les manipulations des textes anciens non religieux (Flavius Josèphe !!!), ce livre est une vision assez "extrémiste" qui fait du nazaréen un personnage de légende : on pourra se rapporter à "La Construction de Jésus" de Bart Ehrman (H&O, 2010) pour une vision plus contrastée et mieux argumentée.
 Ce livre est très américain et offre un intéressant éclairage sur les liens de Georges W. Bush avec les milieux religieux.
 Comme pour d'autres livres de cette collection, on ressort avec beaucoup de questions et, pour ceux que la foi habita, beaucoup de points d'accord assez réjouissants. Il reste un appétit, celui de pouvoir lire un jour (si d'autres lecteurs ont des titres, merci de les ajouter à ce compte-rendu) un témoignage plus européen ou alors relatif au judaïsme ou à l'islam.
 
 
 

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CITATIONS, HUMOUR, ...
 

"Je ne crois pas en une vie future, mais je prendrai quand même un slip de rechange !"

 "L'éternité c'est long, surtout vers la fin."

(Woody Allen / né en 1935)

 "La science a-t-elle promis le bonheur ? Je ne le crois pas. Elle a promis la vérité, et la question est de savoir si l'on fera jamais du bonheur avec de la vérité."
(Emile Zola / 1840-1902)

 
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SUR LA TOILE

 Dans la série Incroyable mais vrai !!!

 
Le  numéro deux du Vatican dénonce une laïcité "intolérante"

Le monde.fr <http://monde.fr>  (http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/22/le-numero-deux-du-vatican-denonce-une-laicite-intolerante_1607677_3224.html )

Alors qu'il s'exprimait devant le Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) sur le thème de la "nouvelle évangélisation", le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat et numéro deux du Vatican, a critiqué, mardi 22 novembre, l'existence d'un "laïcisme intolérant"en "conflit ouvert avec les valeurs chrétiennes traditionnelles". L'ecclésiastique catholique faisait notamment référence aux décisions prises par plusieurs gouvernements d'interdire les vêtements ou signes religieux dans les lieux publics.
 Le cardinal italien a estimé que la non-discrimination était utilisée comme une "arme" et que l'Europe d'aujourd'hui connaissait une "dictature du relativisme" tendant "à exclure la dimension communautaire et publique de la foi et la présence de symboles religieux".
 
Dans le même discours, le secrétaire d'Etat a par ailleurs évoqué "le mariage entre un homme et une femme" et "la  défense de la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle", rappelant l'hostilité du Vatican aux lois autorisant l'avortement, la sélection prénatale, le mariage gay ou encore le divorce.
 
Selon le cardinal Bertone, la précarité causée par la crise économique accentue au même moment les demandes des Européens sur "la dignité et la vocation spirituelle de la personne humaine". Dans ce contexte, a-t-il estimé, la "nouvelle évangélisation" que l'église catholique cherche à promouvoir "n'est pas seulement un dispositif d'urgence" mais "un moyen pour recueillir les nouveaux germes qui poussent sur une forêt ancienne".
  
 

La guerre pour Noël est déclarée aux Etats-Unis

Atlantico.fr ( http://www.atlantico.fr/atlantico-light/athees-americains-campagne-contre-noel-225178.html )

La guerre pour Noël est déclarée aux Etats-Unis entre athées et chrétiens. Depuis l'an dernier, l'association des athées américains profite de la saison pour dénoncer les "mythes" de la religion. Si la campagne précédente, intitulée "Vous savez que c'est un mythe. Cette année, célébrez la raison", avait déjà fait grincer des dents les croyants, celle de cette année les scandalise tout simplement... et pas seulement pour des raisons religieuses.
 

Les panneaux qui vont être installés dans les jours à venir dans l'Ohio, le New Jersey et en Floride, montrent une image de Jésus, entouré... du diable, de Poséidon et du Père Noël, sous les mots "37 millions d'Américains reconnaissent un MYTHE quand ils le voient". "Même la personne la moins éduquée ne mettrait pas Jésus dans la même catégorie que ces trois autres personnages, même les non-croyants admettent qu'il est une figure de l'Histoire - un leader religieux ou un enseignant qui a vécu il y a près de 2000 ans", fait remarquer un pasteur. Pour un autre, cette comparaison "démontre entre autres choses un manque flagrant de culture littéraire".
 Très fier de sa dernière trouvaille, le directeur de la communication de l'association des athées américains dit comprendre pourquoi celle-ci choque. Et ça n'est pas du tout pour des questions de réalité historique ou culturelle."Quand  vous remettez en question les croyances les plus anciennes d'une personne, elle se sent immédiatement offensée et répond sur la défensive. C'est un phénomène psychologique connu". Dans la bataille pour Noël, tous les coups sont permis.
 

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Golgota Picnic : 'De Dieu on ne se moque pas' - ou le théâtre attaqué

Deux hommes pour commencer, et des rassemblements pour protester

Par Nicolas Gary, le dimanche 04 décembre 2011 à 10:45:37
(http://www.actualitte.com/actualite/culture-arts-lettres/theatre/golgota-picnic-de-dieu-on-ne-se-moque-pas-ou-le-theatre-attaque-30267.htm)<http://www.actualitte.com/actualite/culture-arts-lettres/theatre/golgota-picnic-de-dieu-on-ne-se-moque-pas-ou-le-theatre-attaque-30267.htm%29>     

Elle n'a pas fini de faire parler d'elle, cette fameuse pièce de théâtre qui avait mis le feu à Toulouse, où le théâtre Garonne faisait jouer la pièce Golgota Picnic. Critiquée, huée, par des catholiques intégristes, défendue bec et ongles par des laïcs motivés, la pièce doit arriver au théâtre du Rond-Point du 8 au 17 décembre.

 Eh bien son accueil était déjà prévu, par deux hommes issus, selon l'AFP, de la mouvance catholique traditionaliste, qui ont été arrêtés dans la nuit de vendredi à samedi matin. Jean-Michel Ribes, propriétaire du théâtre explique : « Les deux types, des Bretons, avaient marteaux, couteaux et gaz lacrymogène sur eux et s'apprêtaient à casser les systèmes d'alarme : ils ont été interpellés et placés en garde à vue. »
 
 De quoi promettre un peu de sport pour les différentes représentations. « Ils ont avoué connaître tous les codes des portes d'entrée du théâtre, ce qui veut dire qu'ils nous espionnent et nous ont infiltrés depuis longtemps déjà », ajoute le propriétaire, qui a évidemment porté plainte.
 
 Pour l'arrivée de la pièce, des rondes avec maîtres chiens seront prévues, ainsi qu'un déploiement policier à la hauteur de la sulfureuse réputation que la pièce a déjà pu acquérir. Selon ses opposants, le texte de Rodrigo Garcia serait ni plus ni moins qu'une exacerbation de la christianophobie.
 
 Et d'ores et déjà, les autorités religieuses parisiennes appellent les croyants à prendre les armes : une veillée de prière organisée à Notre-Dame de Paris est prévue pour jeudi soir. «Alors que le spectacle Gólgota Picnic, programmé à Paris à partir du 8 décembre prochain, insulte la personne du Christ en croix, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, invite jeudi 8 décembre à 20h ceux qui le veulent à une veillée de prière à Notre-Dame de Paris au cours de laquelle seront proposées une méditation de la Passion du Christ et la vénération de la sainte couronne d'épines. »
  
Le tout diffusé via Facebook, et retransmis en direct par la chaîne KTO.
 
 En parallèle, de multiples mouvements de contestation sont programmés. Pour l'Institut Civitas, mouvement dont le but est la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, « pas une représentation de Golgota Picnic à Paris ne se ferait sans une mobilisation des chrétiens devant les portes du Théâtre », promet-on. Et de donner rendez-vous, parce que « De Dieu, on ne se moque pas », le 11 décembre, place d'Alma.
 
 Enfin, le site Chrétienneté info apprend qu'un « référé d'urgence engagé par l'AGRIF pour obtenir l'interdiction de Golgota Picnic dont la première Parisienne doit avoir lieu jeudi prochain au Théâtre du Rond-Point a été plaidé jeudi au Palais de justice. L'affaire a été plaidée sous le regard du Christ crucifié, de la Vierge des Douleurs, et du saint roi Louis. Une reproduction du Retable du Parlement de Paris, magnifique Crucifixion peinte au XVe siècle, qui jadis veillait sur la justice dans la cour d'appel d'Ancien régime, dominait le cabinet où l'audience a eu lieu… »
 
 On y a dénoncé « la provocation à la haine que constitue un tel spectacle : premier trouble à l'ordre public puisqu'il prive les chrétiens du respect et de la jouissance paisible de leurs droits qu'affirment à la fois les traités internationaux et la Constitution française. … Troisième motif, qui devrait à tout le moins faire interdire le spectacle aux mineurs, l'accumulation d'exhibitions sexuelles qu'il met en scène ».
 
 C'est l'oint du Seigneur qui doit se tenir les côtes...