EDITO

       Voici la première lettre d'information du cercle d'athéologie ! Cette lettre qui se veut mensuelle trouvera nous l'espérons un écho favorable auprès de vous.

Le but est, via différentes rubriques, de vous informer sur la vie du cercle d'athéologie de la maison de la philosophie ( conférences,  catalogue audiothèque, ...  ) mais aussi des dernières parutions de livres, d'articles de presse que nous jugeons intéressants et utiles.   Et pour agrémenter tout cela nous ajouterons quelques doses d'humour et d'humeur  ( bonne ou mauvaise ) !
N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques et suggestions qui seront, bien entendu, les bienvenues !

En attendant nous vous en souhaitons une bonne lecture !

A propos d'humeur justement, c'est plutôt de mauvaise dont il s'agit cette semaine : que ce soient les attaques contre Charlie Hebdo ou les tentatives d'intimidation contre des représentations théâtrales ( voir plus loin l' article "Urgence ...  Laïque" ) , des  groupes, voire des groupuscules,  s'arrogent le droit de dire ce qui est bien et ce qui est mal en matière de bonne pensée en utilisant la violence ! Ceci est  insupportable et nous nous devons de manifester clairement notre désaccord envers ces actes et notre soutien aux "victimes".

 

LA CONFÉRENCE DU MOIS

Conférences et débats mensuels d’athéisme et de critique des religions. Ces conférences s’adressent à tous ceux qui veulent mieux comprendre de manière objective les religions, le phénomène religieux et l’athéisme, et mener l’aventure de la condition humaine sans les béquilles de la croyance religieuse. 

Lundi 21 novembre 2011 à 20h30LES GUERRES DE RELIGION EN FRANCE

Depuis le 11 septembre 2001, on associe trop souvent islam et guerre de religions. C’est oublier que les guerres de religions ont ensanglanté l’Europe pendant plusieurs siècles. Cette conférence reviendra sur l’histoire des guerres des religions en France, qui opposèrent catholiques et protestants pendant près de trois siècles, de 1529 avec l’exécution de Berquin, un ami d'Erasme, jusqu’à l’édit de Versailles le 7 novembre 1787.

LU DANS LA PRESSE

Le monde des religions N°49 ( Octobre 2011 )

Dieu n’est pas mort pour rien

Frédéric Lenoir - publié le 01/09/2011

Le renforcement des fondamentalismes et des communautarismes de tous bords  est l’un des principaux effets du 11-Septembre. Cette tragédie au retentissement planétaire a révélé et accentué la fracture islam-Occident, comme elle a été le symptôme et l’accélérateur de toutes les peurs liées à la mondialisation ultrarapide des décennies précédentes et au choc des cultures qui en découle. Mais ces crispations identitaires qui ne cessent d’inquiéter et qui alimentent sans cesse la chronique médiatique (le massacre d’Oslo qui s’est produit en juillet en est l’une des dernières manifestations), ont laissé dans l’ombre une autre conséquence du 11-Septembre, tout à fait opposée : le rejet des monothéismes à cause, précisément, du fanatisme qu’ils suscitent. Les récentes enquêtes d’opinion en Europe montrent que les religions monothéistes font de plus en plus peur à nos contemporains. Les mots « violence » et « régression » leur sont dorénavant plus volontiers attachés que « paix » et « progrès ». L’une des conséquences de ce retour identitaire religieux et du fanatisme qui en découle souvent est donc une forte augmentation de l’athéisme.

Si le mouvement est général en Occident, c’est en France que le phénomène est le plus frappant. Il y a deux fois plus d’athées qu’il y a dix ans et la majorité des Français se disent aujourd’hui soit athées, soit agnostiques. Bien entendu, les causes de cette forte poussée de l’incroyance et de l’indifférence religieuse sont plus profondes et nous les analysons dans ce dossier : développement de l’esprit critique et de l’individualisme, mode de vie urbain et perte de la transmission religieuse, etc. Mais nul doute que la violence religieuse contemporaine accentue un phénomène massif de détachement à l’égard de la religion, qui est beaucoup moins spectaculaire que la folie meurtrière des fanatiques. On pourrait reprendre le dicton : le bruit de l’arbre qui tombe cache celui de la forêt qui pousse. Or, parce qu’ils nous inquiètent à juste titre et fragilisent la paix mondiale à court terme, nous nous focalisons beaucoup trop sur le regain des fondamentalismes et des communautarismes, en oubliant de voir que la véritable mutation à l’échelle de l’histoire longue est le déclin profond, dans toutes les couches de la population, de la religion et de la croyance millénaire en Dieu.

On me dira que le phénomène est européen et surtout impressionnant en France. Certes, mais il ne cesse de s’accentuer et la tendance commence même à gagner la côte est des États-Unis. La France, après avoir été la fille aînée de l’église, pourrait bien devenir la fille aînée de l’indifférence religieuse. Le printemps des pays arabes montre aussi que l’aspiration aux libertés individuelles est universelle et pourrait bien avoir comme ultime conséquence, dans le monde musulman, comme dans le monde occidental, l’émancipation de l’individu à l’égard de la religion et la « mort de Dieu » prophétisée par Nietzsche. Les gardiens du dogme l’ont bien compris, eux qui ne cessent de condamner les dangers de l’individualisme et du relativisme. Mais peut-on empêcher un besoin humain aussi fondamental que la liberté de croire, de penser, de choisir ses valeurs et le sens que l’on veut donner à sa vie ?

À long terme, l’avenir de la religion ne me semble guère résider dans l’identité collective et dans la soumission de l’individu au groupe, comme ce fut le cas pendant des millénaires, mais dans la quête spirituelle personnelle et la responsabilité. La phase d’athéisme et de rejet de la religion dans laquelle nous pénétrons de plus en plus profondément peut bien entendu déboucher sur un consumérisme triomphant, une indifférence à l’autre, de nouvelles barbaries. Mais elle peut aussi être le prélude à de nouvelles formes de spiritualité, laïques ou religieuses, véritablement fondées sur les grandes valeurs universelles auxquelles nous aspirons tous : la vérité, la liberté, l’amour. Alors Dieu - ou plutôt toutes ses représentations traditionnelles - ne sera pas mort pour rien.

Voir aussi l'article joint : Les prophètes de la mort de Dieu - André Comte-Sponville


DERNIÈRES PUBLICATIONS

Rééditions
 
Bertrand Russel
 : Pourquoi je ne suis pas chrétien - Et autres textes - LUX Editeur - Collection instinct de liberté

 

"L'idée de Dieu, avec tous les concepts qui en découlent, nous vient des antiques despotismes orientaux. C'est une idée absolument indigne d'hommes libres. La vue de gens qui, dans une église,             s'avilissent en déclarant qu'ils sont de misérables pêcheurs et en tenant d'autres propos analogues, ce spectacle est tout à fait méprisable. Leur attitude n'est pas digne d'êtres qui se respectent. [...]             Un monde humain nécessite le savoir, la bonté et le courage; il ne nécessite nullement le culte et le regret des temps abolis, ni l'enchaînement de la libre intelligence à des paroles proférées il y a des             siècles par des ignorants."

(Bertrand Russell / 1872-1970 / Pourquoi je ne suis pas chrétien / 1927)       

 

André Comte-Sponville : Esprit de l'athéisme - Le livre de poche   (3ème édition

       

        Propos recueillis par Thomas Yadan pour Evene.fr
        Relu et corrigé par André Comte-Sponville - Janvier 2007

 

        Philosophe, André Comte-Sponville nous raconte, dans son dernier livre 'L'Esprit de l'athéisme', une existence sans Dieu et son expérience de la spiritualité. L'occasion d'un entretien autour de la morale, de l'amour et du désespoir et d'un dialogue avec Spinoza, Kant, Nietzsche, Marx...

        L'Esprit de l'athéisme' est écrit très clairement, dans un style fluide, un peu à la manière de Marcel Conche. Y a-t-il une volonté de vulgarisation ?
       Ca a commencé bien avant Marcel Conche ! Tous les auteurs que j'aime écrivent clairement : Les Grecs, bien sûr, mais aussi Montaigne, Descartes,  Pascal, Diderot, Marx, Nietzsche…Althusser, qui fut aussi mon maître et mon ami, écrit aussi clairement que Marcel Conche. L'inverse est vrai  pour  les philosophes obscurs ou abscons, comme Derrida. L'homme était charmant ; mais, au bout de dix pages, je savais que ce type ne  m'intéresserait jamais. Il avait du talent, mais je ne supporte pas son maniérisme, pas plus que je ne supporte celui de Lacan, qui frise l'escroquerie intellectuelle. Le style, c'est l'homme ; quand le style est obscur, il faut déjà s'inquiéter. Cela dit, je ne parlerais pas de vulgarisation, car je ne fais pas d'efforts de traduction pour rendre la philosophie accessible. Descartes ou Pascal n'ont pas vulgarisé la philosophie ; ils ont juste écrit clairement. J'appartiens à cette tradition de philosophes qui écrivent le plus simplement qu'ils peuvent. Ce n'est pas de la vulgarisation ; c'est de l'honnêteté intellectuelle.

        Dans ce livre, vous opposez souvent le discours et l'expérience en considérant que les mots sont rarement à la hauteur des faits.

        En effet. Mais l'inverse est vrai aussi : les faits n'arrivent pas toujours à la hauteur des mots. Tout dépend de quoi il s'agit. Il se trouve que mon dernier livre, surtout dans la troisième partie, parle de spiritualité. Qu'est-ce que la spiritualité ? La vie de l'esprit, spécialement dans son rapport à l'infini, à l'éternité et à l'absolu. La spiritualité a donc le même objet que la métaphysique. Mais la métaphysique est un travail de pensée, qui se fait avec des mots, des raisonnements, des concepts. La spiritualité relève davantage de l'expérience : elle se nourrit de sensations, d'émotions, de silence. La première est spéculation ; la seconde, contemplation. Je ne fais pas de hiérarchie entre les deux, mais on ne peut pas demander au discours de remplacer quelque chose que l'on ne peut vivre que dans le silence, et réciproquement. Parler d'amour n'a jamais suffi à être amoureux ou à aimer, parler de nourriture n'a jamais suffi à manger à sa faim, etc. L'inverse, j'insiste, est vrai aussi. Etre amoureux ou gourmand, cela n'a jamais suffi à bien parler d'amour ou de gastronomie.

        L'athéisme est avant tout une figure de l'immanence ?

        Oui. Mais pour l'athée, tout est immanence. La religion est elle-même une forme d'immanence, qui se prend illusoirement pour une révélation transcendante. Au fond,  être "immanentiste", c'est penser qu'il n'y a rien d'autre que Tout. Dieu, étant transcendant, c'est-à-dire "autre que Tout", n'est rien. L'esprit n'existe qu'à l'intérieur de cette immanence au monde. L'esprit, pour le matérialiste que je suis, c'est un cerveau humain en état de marche, ou, dans un sens un peu hégélien, l'ensemble de ce que les cerveaux humains en état de  marche ont produit à travers les siècles.

        Pourtant, si Dieu est mort, la conception judéo-chrétienne de l'homme, c'est-à-dire la morale (conséquence du libre arbitre), s'est éteinte, aussi. Comment concilier en définitive la morale et l'athéisme ?

        Mon livre porte sur la spiritualité, guère sur la morale. J'ai montré, dans des livres précédents, qu'il n'y a pas de morale absolue sans libre arbitre, qu'il n'y a pas de libre arbitre, et que toute morale prétendument absolue est donc illusoire. Sur ce point, je me sens assez proche de mon ami Michel Onfray, ou plutôt c'est lui qui est proche de moi (j'ai publié bien avant lui). Mais qu'il n'y ait pas de morale absolue, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de morale du tout ! Etre relatif, ce n'est pas n'être rien ! Comme Spinoza, comme Marx et Freud, je pense que la morale est une illusion nécessaire, qu'il est vital de la transmettre à nos enfants. Althusser écrit que "seule une conception idéologique de la société a pu imaginer une société sans idéologie" ; on peut dire de même que seule une conception illusoire de l'être humain a pu envisager un être humain sans illusion. Démystifier la morale, ce n'est pas l'annuler ; c'est se   libérer des illusions qu'on se faisait sur elle. Elle n'en demeure pas moins. Or, en l'occurrence, la morale judéo-chrétienne me paraît l'une des plus belles. C'est l'erreur fondamentale de Nietzsche, comme d'Onfray aujourd'hui, que d'avoir voulu la renverser. Pas besoin de croire en Dieu pour être plus sensible au Christ des Evangiles qu'aux fadaises nietzschéennes sur le surhomme, l'éternel retour ou la "superbe brute blonde" !   Lire la suite de La fidélité sans foi »

       Parutions récentes

     Dieu n’est pas Grand
     Comment la religion empoisonne tout 

        de Christopher Hitchens  - Editeur  Belfond

       
        Résumé du livre
        La religion se mêle de sexe, contrôle ce que nous mangeons et exacerbe notre propension à la culpabilité en multipliant les interdits les plus arbitraires. La religion diabolise la science, se fait complice de l'ignorance et de l'obscurantisme. Source de haine, de tyrannie et de guerres, la religion met notre monde en danger.    
               


    URGENCE ... LAÏQUE       

       Communiqué du théâtre Garonne - Toulouse, le 27 octobre 2011

 Le théâtre Garonne, comme d'autres théâtres en France, subit depuis plusieurs semaines des pressions et des menaces visant à annuler les représentations du spectacle de Rodrigo Garcia, Gólgota Picnic. Ce spectacle a été présenté pendant cinq semaines au Centre Dramatique National de Madrid, puis dans plusieurs villes européennes, sans aucun incident.
Une autre oeuvre est visée par cette campagne : Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci, présentée ces jours-ci au Théâtre de la Ville à Paris qui subit des attaques sans précédent. Ce mouvement est initié notamment par l'Institut Civitas qui se définit comme un "mouvement politique inspiré par le droit naturel et la doctrine sociale de l'Église et regroupant des laïcs catholiques engagés dans l'instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples". L'Institut Civitas accuse ­ sans fondement ­ Gólgota Picnic d'offenser la figure du Christ et la religion catholique, qualifiant le spectacle de "blasphématoire". Ce faisant, il dénie le droit inaliénable à la liberté d'expression qui s'inscrit dans le cadre de la loi.

La violence et la haine déclenchées, au-delà de l'inquiétude légitime qu'elles suscitent, appellent en retour une responsabilité citoyenne. Le théâtre Garonne, solidaire des théâtres visés, revendique par ailleurs pleinement les raisons artistiques qui l'ont amené à programmer le spectacle de Rodrigo Garcia, qui sera montré à Toulouse aux dates prévues.

Jacky Ohayon et l'équipe du Théâtre Garonne.

Vous trouverez en pièce jointe "comité-Garonne.pdf" les modalités pour apporter votre soutien.

Gólgota Picnic
du 16 au 20 novembre, théâtre Garonne-Toulouse
du 8 au 17 décembre, Théâtre du Rond-Point & Festival d'Automne à Paris


    BONS MOTS

        "Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, il leur faut de l'obscurité."
        (Arthur Schopenhauer / 1788-1860 / Parerga)

        "Le pape est l'avocat de dieu. Dommage que son client soit mort."
        (Francis Picabia / 1879-1953)

        "Si Dieu existe, c'est son problème."
        (Graffiti de la Sorbonne - mai 68)


       SUR LA TOILE

Le post. fr
Posté par Perlutti  le 12/10/2011 à 18h56

Les élections qui viennent d’avoir lieu en Pologne ont permis l’émergence d’un parti anticlérical et pro-gay (voir note en fin de la rubrique).
Cette formation politique athée a recueilli 10% des voix… Alléluia !
Ça suffit qu'on nous dise comment vivre, comment s'aimer, combien d'enfants avoir et avec qui. Nous en avons assez de voir des hommes vêtus de noir décider qui peut avoir des enfants (...) pour qui il faut voter et qui est Polonais ou ne l'est pas », déclare Janusz Palikot, 46 ans, dans le programme du mouvement qui porte son nom et qu'il a créé il y a moins d'un an.
Il s'en prend aux tabous de la vie politique et sociale polonaise et réclame notamment l'abandon du financement de l'Église par l'État, l'introduction d'un impôt sur la religion et la suppression des cours de catéchisme dans les écoles publiques.
Il prône la révision des restitutions à l'Église des biens spoliés par les communistes et l'interdiction aux ecclésiastiques de participer à des cérémonies officielles d'État, des idées qu'aucun homme politique n'a jusqu'à présent osé formuler à haute voix.
Il demande aussi l'introduction du PACS, le financement par l'État de la fécondation in-vitro, le remboursement de la pilule contraceptive, l'égalité des salaires entre hommes et femmes, et jusqu'à la légalisation des drogues douces.
La terre polonaise, réputée être un fief catholique conservateur, s’ouvre à la diversité de pensée… Il était temps !
Pologne, Iran, Inde, Tibet, Brésil… l’athéisme se développe partout.
Chaque jour un peu plus, à travers le monde, des personnes revendiquent leur non-croyance.
Saine évolution intellectuelle de sociétés qui se modernisent.
Les non-croyants sont certes encore minoritaires, désorganisés, doivent affronter une forte adversité, mais ils existent bel et bien et développent des mouvements politiques, sociaux, des associations.
L’actualité tragique de ces derniers jours en Tunisie ou en Égypte, les gesticulations du dalaï-lama vis-à-vis de l’Afrique du sud, l’arrogance des colons juifs orthodoxes, les prises de position de l’Église envers des minorités sexuelles… tout cela prouve, s’il en était besoin, que les idées et les aspirations des non-croyants qui s’opposent aux dogmes religieux et à leurs dérives ont toute leur place dans des sociétés qui aspirent à la démocratie et à la liberté.
Des tabous subsistent : Les athées sont encore perçus par certains comme des « gens bizarres », voire dangereux… Ils sont exclus des débats de société, rentrent difficilement dans les statistiques… y compris en Europe.

Les choses sont en train de changer, on le sent bien.
L’athéisme, ce grand courant de pensée issu de la réflexion de quelques philosophes précurseurs et qui a mûri grâce au progrès, au savoir, au bon sens, n’en est qu’à ses débuts.
Grâce à dieu ?

http://www.lepost.fr/article/2011/10/12/2612453_l-atheisme-avance.html

Législatives en Pologne: un parti anti-clérical grimpe dans les sondages (AP) (voir note en fin de la rubrique).
Le Nouvel Observateur - 8 octobre 2011

"La campagne pour les élections législatives de dimanche en Pologne a vu grimper dans les sondages un nouveau parti de gauche qui défend les droits des homosexuels, le droit à l'avortement et une plus grande séparation de l'Eglise et de l'Etat, signe d'une sécularisation croissante de ce pays catholique très conservateur.
Les dernières enquêtes d'opinion créditent le Mouvement Palikot (RPP) d'environ 10% d'intentions de vote, derrière la Plate-forme civique (PO, centriste) du Premier ministre Donald Tusk, favori du scrutin, et le parti Droit et Justice (PiS, conservateur), mais devant l'Alliance de la gauche démocratique (SLD), pourtant bien établie, et le Parti populaire (PSL), membre de la coalition au pouvoir. (...)
La popularité du Mouvement Palikot semble à la fois due à la frustration que suscitent les partis traditionnels et un soutien croissant aux causes libérales comme les droits des homosexuels. Janusz Palikot, 46 ans, estime qu'il puise surtout dans le vivier des jeunes Polonais qui voteront pour la première fois.
S'il obtient une bonne représentation au Parlement, le chef du Palikot compte proposer en premier lieu de décrocher le crucifix à la Diète car l'église catholique "est bien trop puissante", estime-t-il, soulignant que de nombreux Polonais se déclarent catholiques mais non pratiquants réguliers. "Nous voulons retirer la religion des espaces publiques", explique-t-il." [...]

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20111008.FAP6214/legislatives-en-pologne-un-parti-anti-clerical-grimpe-dans-les-sondages.html

Note :
Mouvement Palikot  / Ruch Palikota  parti de centre-gauche  : social-démocrate, social-libéral
Le programme de ce parti se distingue sur la scène politique polonaise par son exigence très forte de séparation complète de l'Église et de l'État dans les faits et pas seulement dans les textes, par son soutien à la cause des femmes (notamment sur le sujet de l'avortement) et à celle des homosexuels.

Blog de Michel Tabanou
 - Jeudi 20 octobre 2011 -

Participant hier soir à une réunion de défense de la laïcité j’ai été abasourdi d’entendre ce discours qui assène l’idée que l'athéisme est une religion comme les autres. C'est un effet de mode récent alors qu'il suffit de revenir aux définitions de la religion et de  l'athéisme pour réaliser qu'il s'agit d'une idée absurde. Le fait d’inscrire l’athée dans la sphère religieuse alors qu’il en récuse le lien c'est une preuve d'ignorance ou, tout du moins, de malhonnêteté intellectuelle. En outre j’ai entendu cette rengaine qu’être athée, c'est nier ses racines spirituelles et historiques. On peut changer de manière de voir le monde sans "nier ses racines". Les valeurs que partagent la plupart des pays occidentaux ont certes une origine judéo-chrétienne, mais ces valeurs ne sont pas intrinsèquement liées à la religion, qui n'en a été que le vecteur. Ce dernier point n'est pas une fatalité. L'éthique, par exemple, peut exister indépendamment de la religion (heureusement, on peut être athée et ne pas être automatiquement un être amoral, immoral ou un criminel assoiffé de sang !) En conclusion l’athéisme est lié à des valeurs humanistes, à la raison, etc… et n’est pas un danger pour l’homme, n’est pas un péril d’intolérance, le terreau fertile d’un terrorisme des idées, il ne cherche en rien à s’immiscer dans la vie privée et à réguler des modes de vie confiscatoires réglés sur des dogmes qui refusent à l’homme de prendre en considération son humanité.…

http://www.michel-tabanou.net/20-index.html

 

Site de l'amicale athée  ( http://www.amicaleathee.org )

Sherlock Holmes à l'index en Virginie :

Les élèves de l'Albermarle County school en Virginie (USA) ne pourront plus lire Une étude en rouge, le premier de la série des Sherlock Holmes créé par Conan Doyle. Les propos anti-mormon de l'ouvrage ont choqué un des parents d'élève qui a réussi à convaincre l'administration de l'établissement le retrait du roman des programmes scolaires.

Dans The Daily Progress, Brette Stevenson, le parent d'élève choqué explique qu’il considérait ce roman comme "une introduction mensongère à la religion américaine".
Dans Une étude en rouge, Conan Doyle met en scène les aventures de Jefferson Hope, amoureux d'une jeune mormone qu'il va tenter de « sauver» en l'enlevant à sa communauté. Le père de la jeune femme exprime son soulagement à l'idée que sa fille n'épouse pas un mormon, car « un tel mariage serait une honte et un déshonneur».

Les mormons sont donc "des persécuteurs de la pire espèce" et leurs femmes porteraient "au visage les traces d’une horreur inextinguible"d'après l'auteur anglais et une telle vision d'une des secte du christianisme américain ne saurait être laissée à la porter des élèves des classes de l'Albermarle County school en Virginie (USA) d'après une des parents d'élève.

http://www.amicaleathee.org/Censures/sherlock-holmes-a-lindex-en-virginie.html