Les Samedis Philo

Thème 2016-2017 : La révolution animale

 

Chaque conférence peut se suivre de manière indépendante, le samedi à 14H

Conférencier : Eric Lowen

Lieu de la conférence : Maison de la Philosophie

PAF : 4€/conférence - Adhérents : Gratuit

 

 

 


 

Programme des Samedis Philo 2016−2017

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LA RÉVOLUTION ANIMALE, le nouveau regard sur l’Animal

Depuis ses origines, notre espèce interagit avec les autres espèces vivantes : pour s’en nourrir, pour s’en protéger, pour se soigner, pour se vêtir, pour son habitât, pour satisfaire divers besoins, pour les domestiquer, pour se déplacer, pour leur compagnie, pour leur force de travail, pour les sacrifier, pour le plaisir à l’occasion ou encore pour les intégrer dans ses univers imaginaires, symboliques et métaphysiques. La domination naturelle et factuelle de l’espèce humaine sur les autres espèces (animaux et végétaux) est d’ailleurs une dimension structurelle de l’odyssée culturelle humaine et de l’anthropocène.

Cela a amené l’humanité à s’interroger sur la nature des animaux, sur ce qu’ils étaient, sur leurs origines, sur leur statut ontologique, sur leur proximité ou différence supposée avec l’humanité. La manière dont l’humanité à travers l’histoire a considéré les animaux et le vivant a évolué en fonction de ses croyances culturelles et religieuses, de ses modes de vie, de son utilisation des animaux et de ses connaissances éventuelles sur le vivant et les animaux. De nombreuses cultures d’Orient comme d’Occident ont ainsi considéré l’animal comme inférieur ontologiquement à l’Humanité, à l’exemple des croyances génésiques des religions monothéistes ou de celles de religions polythéistes (grèce antique, monde indien). De manière courante, l’Animal fut pensé comme une sorte de miroir inversé de l’Humanité, tantôt positivement, tantôt négativement. Tel était l’Humanité (ou du moins telle qu’elle se l’imaginait), tel était inversement l’Animal. Tel était l’Animal (ou du moins tel que l’Humanité se l’imaginait), tel était inversement l’Humanité. Nous avions une âme, ils n’en avaient pas; nous avions la raison, ils n’en n’avaient pas; nous avions la parole; ils n’en avaient pas; nous avions la culture, ils n’en n’avaient pas... La théorie de l’animal-machine de Descartes n’est que la conséquence de ces représentations traditionnelles chrétiennes de l’animal-inférieur dans le contexte de la prébiologie du 17ème siècle. Ces représentations de l’Animal avaient comme point commun de relever de projections anthropocentriques et anthropomorphiques («le lion, roi des animaux», «la fourmi travailleuse»...), de préjugés et d’ignorances sur la nature («merveilleusement adaptés par l’ordre divin»...) et les comportements réels de ces animaux («les dents de la mer» pour les requins...).

Or, depuis la révolution darwinienne, ces représentations de l’animalité ont commencé progressivement à être remise en cause, d’abord timidement puis de manière majeure à partir du milieu de la seconde partie du 20ème siècle. Les apports des sciences naturelles, de la biologie, de l’évolution, de l’éthologie, des sciences cognitives, de la paléoanthropologie, de la primatologie, de la génétique, de la psychologie évolutionniste ou encore des neurosciences, ont totalement révolutionné notre conception de l’animalité, et donc de notre propre espèce. Ce qui étaient de simples découvertes zoologiques mineures ou des progrès scientifiques animaliers dans un premier temps ont aboutit au final à une révolution scientifique majeure dans la manière de penser l’animal, l’humanité et le monde.

Ce sont quelques aspects de cette Révolution Animale, révolution scientifique et philosophique, que je voudrais aborder avec cette série de conférences. Son objectif est de reconnaitre à l’animal son autonomie sujétale et ontologique, et de ne plus plus penser l’animal par rapport à l’humanité,mais au contraire à penser l’humanité de manière inclusive à partir du vivant et de l’animalité; l’«être humain» étant en fait un animal humain. Cette saison sera le prolongement des sujets sur le vivant (saison 2015-2016) et une étape indispensable avant d’aborder la nature et la condition humaine.

Eric Lowen
Le 05/07/2016

 


Le samedi Philo propose chaque année un cycle sur une thématique, pour débuter son week-end en philosophie.

La liberté est en apparence un allégement. En réalité c'est un fardeau. Voici justement sa noblesse. La liberté engage et oblige; elle augmente la somme des efforts imposés à chacun.

Ernest Renan, Discours et conférences, 1887

 


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